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Les astronomes cherchent-ils vraiment des extraterrestres ? Oui, mais pas comme dans les films

<name>Quentin Kral, Astrophysicien à l'observatoire de Paris-PSL, CNRS, Sorbonne Université, Université Paris Cité</name> <foaf:homepage rdf:resource="https://theconversation.com/profiles/quentin-kral-2274506"/>· 8 juillet 2026

La recherche de vie ailleurs que sur Terre n’est pas de la science-fiction, mais un domaine très sérieux de recherche : l’exobiologie. Découvrez les techniques qui pourraient permettre, un jour, une rencontre du troisième type. Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Pendant longtemps, cette question re…

Résumé

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L'exobiologie, une science récente

La recherche de vie extraterrestre n'est plus un sujet de philosophie ou de science-fiction, mais une discipline scientifique appelée exobiologie, apparue grâce aux progrès de l'astronomie, de la biologie et de la chimie.

Il y a quelques décennies, cette question était impossible à tester, mais aujourd'hui, des milliers de chercheurs tentent d'y répondre expérimentalement.

L'approche repose sur l'étude de la vie terrestre pour extrapoler à d'autres mondes.

Certains chercheurs analysent comment la vie est apparue sur Terre, tandis que d'autres étudient son évolution.

Les astronomes, eux, se concentrent sur la détection de traces de vie ou de civilisations avancées, en utilisant des méthodes comme l'analyse des atmosphères des exoplanètes ou la recherche de signaux radio artificiels.

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Deux stratégies de recherche

Les astronomes utilisent deux grandes stratégies pour détecter la vie extraterrestre.

La première consiste à rechercher des biosignatures, c'est-à-dire des traces chimiques ou géologiques laissées par des organismes vivants.

Par exemple, sur Terre, les bactéries produisent de l'oxygène ou du méthane, et les plantes absorbent certaines longueurs d'onde de la lumière.

Ces activités modifient l'environnement de manière détectable à distance.

La seconde stratégie vise les technosignatures, des indices révélant l'existence d'une civilisation technologiquement avancée, comme des signaux radio artificiels ou des infrastructures comme les sphères de Dyson, des ensembles hypothétiques de satellites collecteurs d'énergie autour d'une étoile.

Ces deux approches sont complémentaires, car les biosignatures sont plus fréquentes mais ambiguës, tandis que les technosignatures sont rares mais plus difficiles à expliquer autrement.

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Recherche dans le système solaire

Dans notre système solaire, les chercheurs peuvent envoyer des sondes pour analyser directement des roches, des glaces ou des océans cachés sous la surface.

Mars est une cible majeure : le rover Perseverance cherche des biosignatures fossiles, comme des traces chimiques indiquant une vie microbienne passée, lorsque la planète abritait des lacs et des rivières il y a plusieurs milliards d'années.

Les échantillons collectés devraient être rapportés sur Terre dans les prochaines décennies, bien que des coupes budgétaires aient retardé cette mission.

D'autres mondes, comme les lunes glacées Europe (autour de Jupiter) et Encelade (autour de Saturne), abritent des océans d'eau liquide sous leur croûte de glace.

Encelade projette même des panaches d'eau dans l'espace, offrant une occasion unique d'analyser directement la composition de son océan.

Les missions Europa Clipper et Juice, actuellement en route, permettront d'étudier ces environnements.

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Les biosignatures atmosphériques

Au-delà du système solaire, les astronomes recherchent des biosignatures dans les atmosphères des exoplanètes.

Sur Terre, les êtres vivants modifient leur environnement : les bactéries produisent de l'oxygène ou du méthane, et les plantes absorbent certaines longueurs d'onde de la lumière pour la photosynthèse.

Ces activités laissent des signatures détectables à des dizaines d'années-lumière.

Par exemple, la présence simultanée d'oxygène et de méthane dans une atmosphère pourrait indiquer une activité biologique, car ces gaz devraient normalement réagir entre eux pour former du dioxyde de carbone.

En 2025, des observations avec le télescope spatial James-Webb sur l'exoplanète K2-18 b ont révélé la présence possible de sulfure de diméthyle (DMS), un composé principalement produit sur Terre par le phytoplancton marin.

Cependant, cette détection reste controversée, car les données sont limitées et des processus non biologiques pourraient expliquer la présence de cette molécule.

Aucune molécule seule ne peut aujourd'hui être considérée comme une preuve de vie.

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Les technosignatures et le SETI

Le SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) est un programme lancé dans les années 1960 qui scrute le ciel à la recherche de signaux radio artificiels, comme ceux que nos propres transmissions radio et télévisées fuient dans l'espace depuis près d'un siècle.

À ce jour, aucune détection n'a été confirmée.

Le célèbre signal Wow!, enregistré en 1977 par un radiotélescope de l'Ohio State University, reste inexpliqué, mais son absence de répétition empêche d'y voir une preuve convaincante.

Aujourd'hui, les chercheurs explorent un éventail plus large de technosignatures : une planète couverte d'éclairages artificiels pourrait produire une émission lumineuse inhabituelle, une civilisation avancée pourrait construire des sphères de Dyson pour exploiter l'énergie de son étoile, ou encore des polluants industriels impossibles à produire naturellement pourraient être détectés.

Ces recherches restent complexes, car les technosignatures sont probablement rares mais aussi plus difficiles à expliquer autrement que par une origine artificielle.

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Les limites des instruments actuels

Les instruments actuels, comme le télescope spatial James-Webb, permettent d'analyser les atmosphères des exoplanètes avec une précision inédite, mais restent limités.

La prochaine révolution viendra probablement de l'Extremely Large Telescope (ELT), actuellement en construction au Chili, dont le miroir de 39 mètres de diamètre permettra d'étudier en détail l'atmosphère de petites planètes rocheuses autour d'étoiles proches.

Les futurs observatoires spatiaux, encore plus performants, permettront de tester des biosignatures toujours plus subtiles et d'éliminer progressivement les explications alternatives.

La découverte d'une vie extraterrestre ne prendra probablement pas la forme d'une photographie spectaculaire ou d'un signal unique, mais résultera plutôt d'une accumulation patiente d'indices, confrontés pendant des années à toutes les explications possibles.

Pour la première fois, la question « Sommes-nous seuls dans l'Univers ?

» est devenue une question scientifique, et les prochaines décennies pourraient apporter les premiers éléments de réponse.

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