François Truffaut, de la prison au cinéma
En 1952, François Truffaut a 20 ans. Après plusieurs mois d’internement en prison militaire, le jeune homme fait son retour dans la capitale parisienne. Sans repères, il se fait loger par son ami André Bazin qui lui redonne goût au cinéma.
Résumé
Retour à Paris en 1952
En février 1952, François Truffaut, âgé de 20 ans, rentre à Paris après plusieurs mois d’emprisonnement militaire pour désertion.
Il arrive en gare de l’Est, en provenance de Coblence en Allemagne, où il était détenu.
Son visage est amaigri et son crâne rasé, signes visibles de son passage en prison.
Truffaut est réformé et libéré, mais il se retrouve sans repères ni soutien familial.
Ses parents, Janine et Roland, ne l’accueillent pas, rompant ainsi tout lien avec lui.
Ce retour marque le début d’une période de précarité et de quête de sens pour le jeune homme, qui va devoir reconstruire sa vie à partir de zéro.
Une jeunesse marquée par le cinéma
Depuis l’adolescence, François Truffaut est un passionné de cinéma.
Plutôt que de suivre une scolarité classique, il préfère fréquenter les salles obscures, où il découvre les films de réalisateurs comme Henri-Georges Clouzot, Robert Bresson et surtout Jean Renoir.
À 20 ans, il a déjà vu La Règle du jeu, un film de Renoir, douze fois.
Pour financer ses séances, il commet des vols, ment et accumule les dettes.
Pour lui, le cinéma représente la vraie vie, bien plus que la réalité quotidienne.
Cette obsession pour le 7e art le pousse à vivre en marge de la société, sans emploi stable ni logement fixe.
L’aide d’André Bazin
Pour sortir de la précarité, François Truffaut est accueilli par André Bazin, un critique de cinéma influent, dans son appartement à Bry-sur-Marne.
Bazin, rencontré en 1948, devient une figure clé dans la vie du jeune homme.
Il lui offre un toit et une vie de famille, tout en l’encourageant à renouer avec sa passion pour le cinéma.
Les soirées chez les Bazin sont animées par des discussions passionnées sur le 7e art.
Bazin joue un rôle salvateur en redonnant à Truffaut le goût de la vie et en l’aidant à se réinsérer socialement.
Cette relation marquera profondément Truffaut, qui restera reconnaissant envers son mentor jusqu’à la fin de ses jours.
La naissance d’un critique
En 1953, grâce à l’appui d’André Bazin, François Truffaut obtient des piges pour la revue Cinémonde.
Il se tourne ensuite vers Les Cahiers du cinéma, une revue fondée par Bazin et d’autres critiques.
Truffaut y publie un article intitulé Le Temps du mépris, notes sur une certaine tendance du cinéma français, où il critique violemment les films académiques et figés de l’époque.
Pour lui, le cinéma de demain doit être ancré dans la réalité, tourné dans la rue et loin des conventions.
Cet article marque le début de sa carrière de critique et de sa vision avant-gardiste du cinéma, qui influencera plus tard le mouvement de la Nouvelle Vague.
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