Démarchage téléphonique : que va-t-il se passer avec l’arrêt de Bloctel le 11 août 2026 ?

Dans un mail ayant pour objet « Évolution du cadre légal du démarchage téléphonique au 11 août 2026 », Bloctel, le service gouvernemental contre le démarchage téléphonique, communique à ses utilisateurs sa date de sa fermeture. Voilà ce qu'il faut savoir pour ne plus être embêtés par les démarcheur…
Résumé
Fin de Bloctel prévue
Le service Bloctel, qui permet aux particuliers de s’inscrire gratuitement sur une liste d’opposition au démarchage téléphonique, cessera définitivement ses activités le 11 août 2026.
Ce dispositif, mis en place en 2016, avait pour objectif de réduire les appels indésirables en bloquant les numéros des entreprises ne respectant pas la réglementation.
Les utilisateurs actuels de Bloctel ne pourront donc plus se protéger via cette plateforme à partir de cette date.
Bloctel était géré par l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), un organisme public indépendant en France.
Remplacement par le RGPD
À partir du 11 août 2026, le consentement explicite des consommateurs deviendra la seule base légale pour les entreprises souhaitant les contacter par téléphone.
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD), en vigueur depuis 2018, impose déjà cette règle en Europe.
Contrairement à Bloctel, qui bloquait les appels de manière passive, le RGPD place la responsabilité sur les entreprises : elles devront prouver avoir obtenu un accord clair et préalable des consommateurs avant de les démarcher.
Les entreprises qui ne respecteront pas cette obligation s’exposeront à des sanctions pouvant aller jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires mondial ou 20 millions d’euros, selon le montant le plus élevé.
Conséquences pour les usagers
Les particuliers ne pourront plus s’inscrire sur Bloctel pour bloquer les appels, mais ils conserveront leurs droits existants via le RGPD.
Ils pourront toujours signaler les appels indésirables ou les entreprises ne respectant pas les règles auprès de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), l’autorité française chargée de faire appliquer le RGPD.
En cas de démarchage non sollicité, les consommateurs pourront demander à l’entreprise de cesser les sollicitations et, si nécessaire, engager des poursuites.
Cependant, cette transition pourrait entraîner une augmentation temporaire des appels indésirables, le temps que les entreprises s’adaptent aux nouvelles règles.
Rôle des opérateurs télécoms
Les opérateurs de téléphonie mobile et fixe en France, comme Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free, ne joueront plus un rôle actif dans le blocage des appels après la fin de Bloctel.
Leur intervention se limitera à informer leurs clients sur les alternatives disponibles, notamment l’utilisation des fonctionnalités de blocage intégrées aux smartphones ou les applications tierces.
Certains opérateurs pourraient proposer des services payants pour filtrer les appels suspects, mais cela ne sera pas obligatoire.
Les utilisateurs devront donc se tourner vers des solutions individuelles pour se protéger.
Sanctions et contrôles renforcés
La fin de Bloctel s’accompagne d’un renforcement des contrôles par la CNIL et l’ARCEP pour vérifier le respect du RGPD par les entreprises.
En 2025, la CNIL a déjà infligé une amende de 250 000 euros à une société pour démarchage téléphonique illégal.
Les sanctions pourront désormais être plus fréquentes et plus lourdes, notamment grâce à une meilleure coordination entre les autorités.
Les entreprises seront tenues de tenir un registre des consentements obtenus, sous peine de sanctions.
Cette mesure vise à dissuader les pratiques abusives et à protéger davantage les consommateurs.
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