Un camp qui met le cap sur les études universitaires

Incursion chez les participants pour une semaine sur le thème de la santé.
Résumé
Camp Immersion Campus
Immersion Campus est un camp d'été gratuit organisé par Cap campus et chapeauté par l’Université de Montréal.
Son objectif principal est d’exposer des adolescents issus de milieux défavorisés aux possibilités de carrières offertes par les études supérieures.
Pendant une semaine, 124 élèves du secondaire participent à des activités variées, comme des mises en situation ou des visites de laboratoires et d’institutions de santé.
Le camp aborde notamment la thématique de la santé cette année, mais inclut aussi d’autres domaines pour élargir les horizons des participants.
L’idée est de briser les barrières et les mythes selon lesquels certains programmes universitaires ne seraient pas accessibles ou adaptés à leur profil.
Les jeunes découvrent ainsi que l’université est un environnement où ils ont leur place.
Témoignages inspirants
Deux animateurs du camp, Sayedul Islam et Leen El Bazal, sont d’anciens participants d’Immersion Campus.
Leur expérience au sein du programme a influencé leur choix de carrière : Sayedul étudie désormais en soins infirmiers et Leen en médecine, toutes deux à l’Université de Montréal.
Leur parcours illustre l’impact positif du camp sur les aspirations professionnelles des jeunes.
Leen explique avoir été marquée par une rencontre avec une femme titulaire de deux doctorats, ce qui l’a inspirée à poursuivre des études avancées.
Les deux animateurs soulignent l’importance de redonner à leur tour en aidant les jeunes ayant des parcours similaires au leur.
Leur objectif est de contribuer à former une nouvelle génération de professionnels de la santé issus de milieux diversifiés.
Exploration des métiers
Le camp ne se limite pas à la médecine : il présente un large éventail de métiers dans le domaine de la santé.
Les participants visitent des centres de recherche, comme celui du CHU Sainte-Justine, où ils découvrent des travaux de recherche en laboratoire, notamment sur des embryons de souris.
Une postdoctorante explique aux élèves que ces recherches visent à développer de nouveaux traitements pour des pathologies humaines.
Les jeunes visitent également l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal, où ils observent des outils de réadaptation, comme des tapis roulants spécialisés, des mains mécaniques ou des fauteuils roulants contrôlés par réalité virtuelle.
Une séance de questions-réponses avec un patient amputé, M.
Painchaud, permet aux adolescents de mieux comprendre les conséquences d’un accident et l’importance des soins de réadaptation.
Accompagnement des nouveaux arrivants
Depuis peu, Cap campus intervient aussi dans les classes d’accueil, destinées aux jeunes nouveaux arrivants comme Kash, un adolescent d’origine iranienne arrivé à Montréal il y a un an et demi.
Kash, qui vise une carrière en dentisterie, souligne l’importance du camp pour mieux visualiser les étapes de son parcours universitaire.
Aïcha Seghiri, responsable du programme, explique que ces interventions aident les jeunes immigrants à comprendre le système éducatif québécois et à s’orienter vers des études supérieures.
Le camp leur présente les métiers et les professions accessibles, tout en les encourageant à apprendre le français.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’égalité des chances pour tous les élèves, indépendamment de leur origine.
Inégalités scolaires et justice
Selon Marie-Odile Magnan, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, des initiatives comme Cap campus jouent un rôle clé dans la réduction des inégalités scolaires.
En 2023, les statistiques montrent que les jeunes issus de milieux défavorisés (revenus familiaux dans le quintile inférieur) n’ont que 30 % de chances d’accéder à l’université, contre 60 % pour ceux issus de milieux aisés.
Le niveau de scolarité des parents influence aussi cette probabilité.
Magnan souligne que l’injustice ne réside pas dans le refus de poursuivre des études supérieures, mais dans l’absence d’informations nécessaires pour prendre une décision éclairée.
Elle met en garde contre les répercussions des changements dans la définition des écoles défavorisées, qui pourraient réduire ou supprimer des financements essentiels pour des programmes d’accompagnement.
Bilan et défis
À la fin de la semaine, les participants présentent leurs projets, souvent axés sur des préoccupations sociales comme l’accessibilité financière ou l’inclusion des personnes à mobilité réduite.
Le groupe de Leen remporte les honneurs avec un projet d’hôpital inclusif.
Les animateurs notent que certains élèves, comme Naila, ont revu leurs aspirations initiales après avoir découvert la réalité des métiers de la santé.
Naila, qui envisageait la dentisterie pour le salaire, déclare désormais vouloir devenir pédiatre, réalisant que l’épanouissement professionnel est plus important que la rémunération.
Cependant, Aïcha Seghiri déplore un manque de moyens pour répondre à la demande croissante.
Les financements réduits limitent la capacité du programme à accompagner davantage de jeunes, alors que l’enthousiasme des participants est palpable.
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