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Géopolitique

“Vivre au Japon me fait me sentir comme une imposture” : le revers d’un rêve d’expatriation

Courrier International · mis à jour il y a 3 h

Séduite par l’ordre et la sécurité du Japon, une famille néo-zélandaise a organisé son départ pendant des années. Mais vivre sur place s’est avéré bien plus déroutant que prévu, explique Kerri King dans “Business Insider”..

Un rêve longuement préparé

En 2015, Kerri King, une Néo-Zélandaise, et son mari visitent le Japon pendant deux semaines. Séduits par l'ordre et la sécurité du pays, ils décident d’y déménager avec leur famille. Ce choix marque le début d’un projet de huit ans : ils organisent leur expatriation en apprenant la langue japonaise à l’université, en suivant des cours particuliers pour leur fille et en multipliant les séjours préparatoires. En 2023, après des années de préparation minutieuse, ils s’installent définitivement au Japon, convaincus que leur organisation rigoureuse leur éviterait toute mauvaise surprise. Leur objectif est d’élever leurs enfants dans ce pays qu’ils idéalisent.

Le choc de la réalité

Deux ans et demi après leur installation, Kerri King décrit une expérience bien différente de ses attentes. Si le Japon tient ses promesses matérielles — transports impeccables, système médical performant, coût de la vie maîtrisé et possibilité de voyager fréquemment — ces avantages ne suffisent pas à combler un vide plus profond. La famille se sent déracinée et confrontée à des défis inattendus. Les difficultés linguistiques, comme les conversations trop rapides ou les formulaires incompris, deviennent une source de frustration quotidienne. Kerri King, habituée à son indépendance, ressent une humiliation à dépendre constamment de Google Translate ou de l’aide d’autrui pour des tâches simples.

L’absence de réseau social

Le plus grand choc pour Kerri King concerne l’absence de réseau social. Malgré ses efforts pour apprendre la langue et s’intégrer, elle peine à créer des liens profonds avec les locaux. Les barrières culturelles et linguistiques rendent les relations superficielles et difficiles à approfondir. Elle souligne que les amitiés profondes prennent du temps à se construire, et que la vie au Japon lui semble plus lourde sans un cercle proche sur qui s’appuyer. Cette solitude est particulièrement douloureuse lors d’événements familiaux importants, comme le décès de sa grand-mère en Nouvelle-Zélande, où elle ne peut pas être présente physiquement auprès de sa famille.

Le sentiment d’imposture

Kerri King exprime un malaise persistant : celui de se sentir comme une imposture dans ce pays qu’elle a tant idéalisé. Ce sentiment naît de la contradiction entre l’image qu’elle avait construite du Japon — un lieu ordonné, sécurisé et efficient — et la réalité de son quotidien, où elle se sent étrangère à elle-même et à son environnement. Elle réalise que la préparation la plus méticuleuse ne peut pas anticiper les émotions liées à l’expatriation, comme la perte de repères identitaires ou le sentiment de ne pas appartenir à une communauté. Ce décalage entre ses attentes et la réalité la pousse à remettre en question son projet de vie au Japon.

Un choix à réévaluer

Face à ces difficultés, la famille King est désormais confrontée à un dilemme : poursuivre leur vie au Japon, malgré l’absence de sentiment d’appartenance, ou envisager un retour vers un pays où ils pourraient retrouver un ancrage social et familial. Kerri King reconnaît que le Japon leur a offert une vie matérielle fluide, mais que cette commodité ne remplace pas le besoin humain de se sentir intégré dans une communauté. Leur expérience illustre les limites d’un projet d’expatriation lorsqu’il repose uniquement sur des critères pratiques, sans tenir compte des besoins émotionnels et sociaux.

Ce que ça pourrait changer

L’article est basé sur un témoignage publié par *Business Insider* le 6 avril 2026, puis republié par *Courrier international* le 4 août 2026. Kerri King, l’auteure du récit, est une expatriée néo-zélandaise vivant au Japon avec sa famille depuis 2023. Le texte met en lumière les défis de l’expatriation, souvent idéalisée, et souligne l’importance de préparer son départ en intégrant aussi les aspects humains et sociaux, au-delà des critères logistiques ou économiques.

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