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Ce bouton dans les avions pose problème : les passagers ne le comprennent pas et forcent dessus au point que les compagnies doivent régulièrement le remplacer

Presse-Citron · mis à jour 30 juin

Un ingénieur aéronautique spécialisé dans la maintenance des appareils a expliqué comment un bouton présent dans les cabines du Boeing 787 était devenu une plaie et nécessitait de nombreuses réparations à cause de la confusion créée pour les clients. On vous explique..

Le Boeing 787 et ses hublots

Le Boeing 787 est un avion long-courrier entré en service en 2011, avec des versions plus récentes en 2014 (787-9) et 2018 (787-10). En Europe, il est notamment utilisé par Air France avec 10 appareils. À bord, il se distingue par un système de hublots innovant : au lieu d’un cache-hublot classique, chaque fenêtre est équipée d’un vitrage électrochrome. Ce vitrage permet de rendre la vitre opaque ou transparente en appuyant sur un bouton situé sous le hublot. Le système fonctionne grâce à un gel qui réagit à une charge électrique, modifiant sa structure atomique pour filtrer la lumière. En plein jour, la vitre peut ainsi simuler une obscurité totale, tout en laissant percevoir quelques détails. Cette technologie, unique sur le Boeing 787, vise à améliorer le confort des passagers en permettant un contrôle à distance de l’opacité des hublots.

Un bouton fragile et coûteux

Le bouton de commande des hublots du Boeing 787, qui permet de régler l’opacité en cinq positions, s’use rapidement en raison d’un usage abusif des passagers. Selon Fahad Naim, ingénieur en aéronautique, ces boutons doivent être remplacés fréquemment car les voyageurs appuient de manière répétée, pensant que le système ne fonctionne pas correctement. Le changement d’opacité est en effet lent, ce qui pousse les passagers à insister. Les pièces de rechange sont onéreuses, et ce problème est qualifié de « problème évident depuis deux décennies » par Blake Scholl, fondateur de Boom Supersonic. Ce dernier critique aussi la lenteur des progrès chez Boeing. Le coût de ces réparations incombe aux compagnies aériennes, qui doivent assurer la maintenance des appareils.

Pourquoi les passagers insistent

Les passagers appuient de manière excessive sur le bouton car ils découvrent pour la première fois ce système et souhaitent l’utiliser librement pendant tout le vol. Cependant, l’équipage verrouille parfois le système à des moments clés, comme en altitude de croisière pour simuler la nuit et aider les passagers à s’adapter au fuseau horaire, ou à l’atterrissage pour garantir une visibilité totale. Contrairement aux cache-hublots traditionnels, ce vitrage électrochrome peut être contrôlé à distance, mais son utilisation est restreinte pour des raisons de sécurité. Au décollage et à l’atterrissage, une visibilité optimale est en effet cruciale pour repérer d’éventuels problèmes sur les moteurs ou les ailes. Ce verrouillage explique en partie la frustration des passagers, qui appuient plus fortement sur le bouton.

Ce que ça pourrait changer

Le vitrage électrochrome est une technologie exclusive au Boeing 787, ce qui explique en partie l’usure prématurée des boutons. La plupart des passagers n’ayant jamais rencontré ce système auparavant, ils sont tentés de le tester, ce qui accélère l’usure des commandes. Bien que cette innovation améliore le confort en permettant un contrôle précis de la luminosité, elle présente des limites, notamment sa lenteur de réaction et la fragilité des boutons. Boeing pourrait envisager de remplacer ces commandes par un système plus robuste ou plus réactif pour limiter les coûts de maintenance. Cependant, c’est aux compagnies aériennes, propriétaires ou locataires des appareils, de prendre en charge ces réparations.

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