Ne pas oublier les femmes mortes en France d’un avortement clandestin : le combat d’artistes et de militantes féministes
Dimanche 28 septembre sera lancé un appel à l’édification d’un monument, à Paris, pour que ne soit pas oublié le sort des femmes mortes des suites d’un avortement clandestin avant que la loi Veil n’autorise l’interruption volontaire de grossesse, en 1975..
En 1972, une femme mère d’un garçon de 6 ans écrit une lettre datée du 13 novembre à un médecin, le professeur Paul Milliez, qu’elle surnomme « l’homme des causes perdues » et « son dernier espoir ». Dans ce courrier, elle décrit une grossesse non désirée qui menace sa santé et lui demande s’il existe une solution pour éviter cette maternité, allant jusqu’à dire qu’elle est prête à « faire n’importe quoi », y compris « capable du pire ». Cette lettre fait partie d’un ensemble de 50 documents similaires publiés dans l’ouvrage Lettres pour un avortement illégal (1971-1974), qui sera disponible à partir du 17 octobre 2023 aux éditions Libertalia. Ces lettres illustrent le désespoir des femmes confrontées à une grossesse non désirée dans un contexte où l’avortement était interdit en France avant la loi Veil de 1975.
L’ouvrage Lettres pour un avortement illégal (1971-1974) rassemble une cinquantaine de lettres adressées à des médecins, dont le professeur Paul Milliez, figure médicale engagée dans la défense des droits des femmes. Ces témoignages anonymes révèlent les conditions extrêmes dans lesquelles les femmes tentaient d’obtenir un avortement clandestin avant sa légalisation. Le livre, publié aux éditions Libertalia, est prévu pour le 17 octobre 2023 et coûte 18 €. Il s’inscrit dans une démarche de mémoire et de sensibilisation sur les conséquences de l’interdiction de l’avortement, qui a poussé de nombreuses femmes à recourir à des pratiques dangereuses.
Le 28 septembre 2023, des extraits de ces lettres seront lus à la Maison de la poésie à Paris, dans le cadre de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement. Cet événement culturel et militant vise à rappeler l’importance de ce droit et à rendre hommage aux femmes décédées des suites d’un avortement clandestin. Lors de cette manifestation, un appel sera lancé pour la création d’un monument dédié à leur mémoire. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de reconnaissance des luttes féministes et des victimes de l’avortement illégal, un sujet encore sensible en France et dans le monde.
Avant 1975, l’avortement était illégal en France, comme dans de nombreux pays. Les femmes qui souhaitaient interrompre une grossesse non désirée devaient souvent recourir à des méthodes clandestines, parfois mortelles. La loi Veil, adoptée en 1975, a légalisé l’avortement sous certaines conditions, marquant une avancée majeure pour les droits des femmes. Cependant, des mouvements militants continuent de se battre pour garantir l’accès à ce droit et pour ne pas oublier les victimes de l’avortement clandestin, dont le nombre reste difficile à établir en raison du caractère illégal de ces pratiques.

