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L'impact de la guerre sur le droit du tourisme et des transports

Univ-Droit : science politique· 18 juin 2026
L'impact de la guerre sur le droit du tourisme et des transports

Colloque organisé par le GRIDAUH, le SERDEAUT et l'IRJS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne avec le M2 Droit du Tourisme et des TransportsLire la suite...

Résumé

1

Guerre et cadre juridique

La guerre perturbe profondément les activités touristiques et les transports en modifiant leur cadre juridique.

Le droit du tourisme désigne l'ensemble des règles encadrant les voyages, les séjours et les services touristiques, tandis que le droit des transports régit les déplacements de personnes et de marchandises.

Ces deux domaines sont particulièrement vulnérables en période de conflit, car les États et les organisations internationales doivent adapter leurs législations pour répondre à des situations d'urgence.

Par exemple, les conventions internationales comme celles de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) ou de l'Union internationale des transports routiers (IRU) peuvent être suspendues ou révisées pour tenir compte des risques liés aux guerres.

Les conflits armés entraînent souvent des restrictions de circulation, des annulations massives de voyages et des perturbations des chaînes logistiques, obligeant les professionnels à se conformer à de nouvelles règles parfois improvisées.

2

Annulations et remboursements

Lors d'un conflit, les voyageurs et les entreprises de transport font face à des problèmes majeurs concernant les annulations et les remboursements.

Les contrats de voyage, souvent encadrés par des directives européennes comme la directive 2015/2302 sur les voyages à forfait, prévoient des clauses de force majeure en cas de guerre.

Ces clauses permettent aux voyageurs d'obtenir un remboursement intégral ou un report de leur voyage sans pénalité.

Cependant, leur application dépend des législations nationales et des décisions des tribunaux.

Par exemple, en France, le Code du tourisme (articles L.

211-14 et suivants) impose aux professionnels de proposer des solutions alternatives ou des remboursements en cas de force majeure.

Les guerres récentes, comme celle en Ukraine depuis 2022, ont illustré ces enjeux, avec des milliers de réservations annulées et des litiges portant sur des millions d'euros de remboursements.

3

Sécurité et responsabilité

Les conflits armés soulèvent des questions de sécurité et de responsabilité pour les acteurs du tourisme et des transports.

Les États et les compagnies (aériennes, maritimes ou routières) doivent garantir la sécurité des passagers, mais les risques liés aux guerres rendent cette tâche complexe.

Par exemple, les compagnies aériennes peuvent être tenues responsables si elles maintiennent des vols vers des zones de conflit, comme cela a été le cas lors de l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Le droit aérien international, notamment la Convention de Montréal de 1999, encadre ces situations en limitant la responsabilité des transporteurs en cas de force majeure.

De plus, les assureurs peuvent refuser de couvrir les risques liés à des zones en guerre, obligeant les voyageurs à souscrire des assurances spécifiques souvent coûteuses.

4

Impact économique et sanctions

Les guerres ont un impact économique majeur sur le tourisme et les transports, notamment en raison des sanctions internationales imposées aux pays en conflit.

Par exemple, les sanctions contre la Russie depuis 2022 ont entraîné la suspension des vols entre l'Europe et la Russie, réduisant de manière significative le trafic aérien.

Les compagnies aériennes et les agences de voyage subissent des pertes financières estimées à plusieurs milliards d'euros.

Les États utilisent aussi des mesures comme l'interdiction d'entrée pour les ressortissants de pays en guerre, ce qui affecte directement les flux touristiques.

Ces restrictions, souvent justifiées par des raisons de sécurité, sont encadrées par des textes comme le règlement (UE) 2019/1241 sur les restrictions de voyage dans l'Union européenne.

5

Adaptation des législations

Face aux crises, les législations nationales et internationales doivent s'adapter rapidement pour protéger les droits des voyageurs et des professionnels.

En France, le Code du tourisme et le Code des transports ont été modifiés à plusieurs reprises pour intégrer des mesures exceptionnelles en cas de guerre.

Par exemple, la loi du 28 décembre 2019 a renforcé les obligations des professionnels en matière d'information des voyageurs sur les risques encourus.

Au niveau européen, la Commission européenne a publié des lignes directrices pour harmoniser les pratiques entre les États membres.

Ces adaptations visent à éviter les abus tout en garantissant une protection minimale aux consommateurs, mais elles soulèvent des défis juridiques et pratiques, notamment en matière de preuve et de responsabilité.

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