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Piégé depuis plus de 50 ans, un mercure s'échappe désormais des glaciers alpins qui fondent

Julia Garcia· 30 juillet 2026

La glace de haute montagne enregistre tout ce qui tombe du ciel. Y compris les pollutions du siècle passé, longtemps restées prisonnières du gel. En fondant, ces cimes relâchent le mercure des glaciers, qui repart contaminer rivières et torrents.

Résumé

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Glaciers alpins libèrent du mercure

Les glaciers des Alpes, qui fondent sous l’effet du réchauffement climatique, libèrent désormais du mercure piégé depuis plus de 50 ans.

Ce phénomène s’explique par la fonte accélérée des glaces, un processus documenté depuis plusieurs décennies.

Le mercure est un métal lourd toxique pour les humains et les écosystèmes, connu pour ses effets néfastes sur le système nerveux.

Il peut s’accumuler dans les organismes vivants, un phénomène appelé bioaccumulation.

Les scientifiques ont observé que la quantité de mercure libérée augmente proportionnellement à la fonte des glaciers, un signe inquiétant de l’impact du changement climatique sur la pollution historique.

Les Alpes, situées en Europe, sont particulièrement touchées en raison de leur sensibilité aux variations de température.

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Origine du mercure piégé

Le mercure retrouvé dans les glaciers alpins provient principalement des activités industrielles et de la combustion d’énergies fossiles, comme le charbon, qui ont émis d’importantes quantités de ce métal dans l’atmosphère depuis les années 1950.

Une fois libéré dans l’air, le mercure peut voyager sur de longues distances avant de se déposer sur les sols ou les glaces, où il s’accumule.

Les glaciers agissent comme des archives naturelles : en se formant, ils emprisonnent les particules de mercure présentes dans l’atmosphère à l’époque.

Avec la fonte actuelle, ce mercure est progressivement libéré dans les écosystèmes, notamment les rivières et les sols, où il peut contaminer les chaînes alimentaires.

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Risques pour la santé

L’exposition au mercure, même à faible dose, présente des risques majeurs pour la santé humaine.

Ce métal peut provoquer des troubles neurologiques, notamment chez les enfants et les femmes enceintes, où il affecte le développement du cerveau du fœtus.

Les populations vivant près des Alpes, comme en Suisse, en France ou en Italie, pourraient être exposées à une contamination accrue via l’eau potable ou la consommation de poissons contaminés.

Le mercure se transforme en méthylmercure dans l’environnement, une forme encore plus toxique et facilement absorbée par les organismes vivants.

Les autorités sanitaires recommandent de limiter la consommation de poissons prédateurs, comme le thon ou l’espadon, déjà connus pour leur teneur en mercure.

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Impact sur les écosystèmes

La libération de mercure dans les écosystèmes alpins menace la biodiversité locale.

Les sols et les cours d’eau deviennent progressivement contaminés, affectant les plantes, les insectes et les animaux.

Les oiseaux piscivores, comme les aigles ou les martins-pêcheurs, sont particulièrement vulnérables car ils se nourrissent de poissons potentiellement contaminés.

Les scientifiques craignent également des perturbations dans les chaînes alimentaires, avec des répercussions sur les espèces végétales et animales.

Les Alpes abritent des écosystèmes uniques, déjà fragilisés par le réchauffement climatique, ce qui aggrave leur vulnérabilité face à cette nouvelle menace.

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Mesures de surveillance

Face à ce phénomène, des scientifiques et des institutions, comme l’Institut des géosciences de l’environnement à Grenoble, surveillent activement les niveaux de mercure dans les glaciers et les eaux de fonte.

Des campagnes de prélèvements sont organisées pour évaluer la concentration de mercure dans différents compartiments de l’environnement, comme les sols, les sédiments ou les organismes vivants.

Ces données permettent d’anticiper les risques pour les populations et les écosystèmes.

Les chercheurs soulignent l’importance d’étendre ces surveillances à d’autres régions montagneuses, où des phénomènes similaires pourraient se produire.

La collaboration internationale est essentielle pour comprendre l’ampleur globale du problème.

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Solutions possibles

Pour limiter les risques liés à la libération de mercure, plusieurs pistes sont envisagées.

D’une part, réduire les émissions industrielles de mercure en appliquant strictement les réglementations environnementales, comme la Convention de Minamata (2017), un traité international visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions de mercure.

D’autre part, des techniques de dépollution des sols et des eaux contaminées pourraient être déployées, bien que ces méthodes restent coûteuses et complexes.

Enfin, une meilleure gestion des déchets industriels et une transition vers des énergies propres pourraient diminuer la quantité de mercure rejetée dans l’atmosphère à long terme.

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