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Canicule : Tour d’Europe des mesures prises par les pouvoirs publics

Courrier International· 11 juillet 2026

Du Portugal à l’Allemagne, en passant par l’Espagne, les solutions et les manquements des autres pays européens face aux vagues de chaleur.

Résumé

1

Portugal : refuges climatiques

Le Portugal, confronté à des vagues de chaleur de plus en plus intenses, a lancé en juin 2024 le programme Refúgios Climáticos – Stay Cool.

Ce projet vise à créer un réseau national d’espaces accessibles et frais, comme des jardins, bibliothèques, musées ou centres commerciaux, où habitants et touristes peuvent se réfugier pendant les canicules.

L’initiative, portée par l’office du tourisme Turismo de Portugal, bénéficie d’un budget de 1 million d’euros pour aider les municipalités à aménager ces lieux.

Par exemple, la ville de Lisbonne a annoncé en 2025 la réhabilitation du Jardim da Estrela pour en faire son premier refuge climatique.

Ce projet s’inspire de travaux antérieurs, comme celui du scientifique Manuel Banza, qui avait déjà cartographié en 2023 les îlots de fraîcheur de la capitale à partir de données municipales ouvertes, identifiant aussi les quartiers les plus vulnérables.

2

Espagne : adaptation et défis

L’Espagne, habituée aux canicules, a connu 329 jours de vagues de chaleur au XXIᵉ siècle, soit plus du double qu’au XXᵉ siècle.

Le gouvernement a annoncé en juin 2024 un investissement de 200 millions d’euros pour climatiser les écoles publiques et un plan de 9 milliards d’euros pour la transition énergétique.

Depuis 2024, les salariés peuvent bénéficier de quatre jours de congé climatique en cas d’alerte rouge météo, et les horaires de travail sont souvent ajustés pour éviter les heures les plus chaudes.

Les villes comme Barcelone ou Bilbao ont développé des refuges climatiques, des zones ombragées et des infrastructures bioclimatiques.

Malgré ces mesures, plus de 1 000 décès ont été attribués à la chaleur en juin 2024, et les discours climatosceptiques gagnent du terrain.

3

Allemagne : débats politiques

En juin 2024, l’Allemagne a enregistré des températures dépassant 40 °C, provoquant des perturbations majeures : services de secours débordés, pénuries d’eau et annulations de trains.

Les Verts, dans l’opposition, ont demandé au Bundestag (le Parlement allemand) de mieux s’adapter au changement climatique.

Un problème majeur concerne les hôpitaux et maisons de retraite, où l’absence de réglementation nationale impose l’installation de climatiseurs.

Selon Deutsche Welle, de nombreuses personnes âgées vivent dans des chambres sans climatisation, ce qui pose un risque sanitaire.

Le gouvernement a évoqué un plan de climatisation pour les écoles et ces établissements, mais les désaccords sur le financement persistent entre le gouvernement fédéral, les Länder (États régionaux) et les communes.

4

Hongrie : solutions locales

La Hongrie a battu un record de chaleur le 30 juin 2024 avec 42 °C à Szecseny.

Pour y faire face, le ministre de l’Énergie a demandé à la population de limiter la climatisation entre 18 heures et 21 heures pour préserver le réseau électrique, tandis que le Premier ministre a instauré le télétravail dans les administrations les 29 et 30 juin.

À Budapest, des canons à eau ont été déployés pour rafraîchir les passants, et une plage libre a été élargie sur les rives du Danube.

Les thermes de la ville, comme les Szechenyi, proposent des séances de cinéma nocturnes dans les bassins extérieurs, et des événements comme une bataille nationale de pistolets à eau sont organisés pour divertir la population.

5

Pologne : béton vs verdure

La Pologne a battu un record de chaleur le 28 juin 2024 avec 40,5 °C à Slubice.

Pourtant, les autorités locales semblent aller à l’encontre des solutions recommandées pour lutter contre la chaleur.

Selon l’universitaire Michal Zabdyr-Jamroz, cité par Wirtualna Polska, les municipalités abattent des arbres et bétonnent les espaces publics, créant des fours urbains.

Les promoteurs immobiliers construisent des lotissements en périphérie sans accès aux transports en commun, forçant les résidents à utiliser leur voiture et contribuant ainsi au réchauffement climatique.

Les projets de revitalisation urbaine privilégient le béton et les pavés, aggravant les effets des canicules.

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