Ouganda : l’ONU dénonce un verrouillage accéléré du pouvoir après les élections
Un opposant arrêté, une organisation suspendue, un média réduit au silence, une nouvelle loi qui resserre un peu plus l’étau. Six mois après les élections générales du 15 janvier en Ouganda, le bureau des droits de l’homme de l’ONU dresse le portrait d’un pays où les espaces de contestation se refe…
Résumé
ONU alerte sur Ouganda
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a publié un communiqué le 30 juillet 2026 dénonçant une intensification de la répression politique en Ouganda après les élections de janvier 2026.
Selon lui, les autorités ougandaises ciblent systématiquement les voix dissidentes, réduisant au silence les opposants, les défenseurs des droits humains et les journalistes.
Cette répression s’accompagne d’un affaiblissement progressif de l’État de droit et d’une implication croissante de l’armée dans des institutions normalement civiles.
Volker Türk qualifie cette situation de « consternante » et souligne que les libertés fondamentales sont de plus en plus restreintes, créant un climat de peur généralisé dans le pays.
Violations des droits humains
Depuis janvier 2026, au moins 50 dirigeants ou sympathisants de partis d’opposition, 5 défenseurs des droits humains et 5 journalistes ont été victimes de violations graves de leurs droits fondamentaux en Ouganda.
Ces abus incluent des disparitions forcées, des tortures, des mauvais traitements et des arrestations arbitraires, souvent justifiées par des lois jugées incompatibles avec le droit international des droits humains.
Par exemple, les autorités utilisent des dispositions juridiques controversées pour emprisonner des opposants sans procès équitable.
Ces mesures ne ciblent pas seulement les individus : 10 organisations majeures de la société civile ont été suspendues depuis le début de l’année, tandis que d’autres subissent une surveillance accrue et du harcèlement.
Certains médias ont même été contraints d’interrompre temporairement leurs activités, limitant encore davantage l’espace de débat public.
Nouvelle loi controversée
En mai 2026, l’Ouganda a adopté une loi appelée Protection of Sovereignty Act (loi sur la protection de la souveraineté), qui impose des restrictions strictes au financement international des organisations de la société civile.
Cette loi limite leurs relations avec des partenaires étrangers et prévoit des sanctions sévères, incluant jusqu’à 10 ans de prison en cas d’infraction.
Selon le bureau des droits de l’homme de l’ONU, ce texte vise à étouffer toute forme de contestation en empêchant les organisations locales de recevoir un soutien financier extérieur.
Volker Türk explique que cette loi ne se contente pas d’avoir des effets juridiques : elle renforce la peur parmi les citoyens, favorise l’autocensure et polarise davantage la société ougandaise.
Rôle de l’armée critiqué
Le Haut-Commissaire de l’ONU s’inquiète particulièrement de l’implication croissante des forces armées ougandaises dans des fonctions normalement réservées aux institutions civiles.
Cette militarisation progressive des institutions affaiblit la séparation des pouvoirs, un principe fondamental pour garantir un État de droit.
Par exemple, l’armée pourrait désormais influencer des décisions politiques ou judiciaires, ce qui réduit l’indépendance des autres branches du gouvernement.
Volker Türk souligne que cette évolution menace directement la stabilité démocratique du pays et appelle le gouvernement à respecter la Constitution ougandaise ainsi que les engagements internationaux du pays en matière de droits humains.
Appel à l’action internationale
Volker Türk ne se limite pas à dénoncer la situation : il propose des pistes pour y remédier.
Il estime que les ressources économiques de l’Ouganda, combinées à un soutien financier international renouvelé, pourraient aider à résoudre les défis structurels du pays.
Cependant, il insiste sur un point crucial : ce développement doit impérativement reposer sur le respect des droits humains.
Selon lui, une économie ne peut prospérer durablement si les libertés publiques sont réduites au profit d’un pouvoir qui se renforce.
Le Haut-Commissaire réaffirme la disponibilité de son bureau pour accompagner l’Ouganda dans la restauration des droits humains, tout en rappelant que le respect de la Charte africaine des droits de l’homme et de la Constitution ougandaise est indispensable pour garantir une société civile dynamique et un débat public libre.
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