Michelin lance un plan de 1 500 départs volontaires, les cols blancs en première ligne
La direction du groupe justifie ce nouveau plan par la nécessité de réduire les coûts en France, mais aussi par le besoin de simplifier l’organisation..
Le groupe Michelin, spécialisé dans la fabrication de pneumatiques, a annoncé un plan de départs volontaires pour réduire ses effectifs en France. Sur trois ans, l'entreprise prévoit de supprimer 1 500 postes parmi ses 17 000 employés en France, soit environ 8,8 % des effectifs. Ce plan s'inscrit dans une stratégie de réduction des coûts et de simplification des modes de fonctionnement. La direction précise qu'elle continuera à recruter parallèlement, sans donner de détails sur les postes concernés. Le plan repose sur des ruptures conventionnelles collectives, un dispositif qui permet à l'employeur et aux salariés de convenir d'un départ à l'amiable, souvent assorti d'indemnités. Michelin a déjà mis en place un accord similaire entre 2018 et 2021.
Parmi les 1 500 départs prévus, 1 000 concernent les cols blancs, c'est-à-dire les employés travaillant dans des métiers administratifs, de gestion ou de services, principalement situés au siège social de Clermont-Ferrand, ainsi qu'à Lyon et Paris. Les 500 autres postes concernent les usines du groupe, réparties dans treize sites en France. Selon la CFDT, un syndicat, les sites de Clermont-Ferrand pourraient être les plus touchés. La direction n'a pas précisé l'âge des salariés concernés, ni s'il s'agit majoritairement de seniors anticipant leur retraite. Cependant, lors des précédents plans, les conditions proposées aux seniors étaient avantageuses, ce qui pourrait se reproduire. La CFE-CGC, un autre syndicat, estime que ces conditions devront être encore améliorées pour inciter les salariés à accepter ces départs.
Michelin justifie ce plan par la nécessité de réduire ses coûts en France, dans un contexte économique incertain. L'entreprise évoque également la volonté de simplifier ses modes de fonctionnement, probablement pour gagner en efficacité ou en agilité. Ce plan s'ajoute à un précédent accord de rupture conventionnelle collective signé en 2021, qui avait déjà permis des départs volontaires. Aucune date précise n'est donnée pour le début de ce nouveau plan, mais il s'étalerait sur trois ans. La direction minimise l'impact de cette annonce en rappelant que Michelin continue de recruter, sans préciser si ces recrutements compenseront les départs ou s'ils concerneront des profils différents.
Les syndicats réagissent avec prudence à l'annonce de Michelin. La CFDT, un syndicat représentatif, craint que les sites de Clermont-Ferrand ne soient particulièrement touchés par ce plan, en raison de la concentration des cols blancs dans cette région. La CFE-CGC, un autre syndicat, souligne que les conditions proposées aux salariés devront être améliorées par rapport aux précédents plans pour être attractives. En effet, lors des accords passés, les seniors avaient bénéficié de conditions avantageuses pour anticiper leur départ à la retraite, ce qui permettait à l'entreprise de remplacer des salaires élevés par des jeunes moins rémunérés. Les syndicats attendent donc des garanties supplémentaires pour les salariés concernés.

