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Mer, lacs, rivières… Votre plage préférée est-elle polluée aux PFAS ?

Lilou Hiver· 6 juillet 2026
Mer, lacs, rivières… Votre plage préférée est-elle polluée aux PFAS ?

Dans un rapport publié vendredi, l’association Surfrider révèle que tous les sites de baignade qu’elle a analysés sont contaminés aux PFAS, ces «polluants éternels». Elle appelle l’Union européenne à prendre en compte cette pollution chimique dans ses critères de surveillance.

Résumé

1

Polluants éternels partout

Une étude de l’association Surfrider Foundation Europe révèle que tous les sites de baignade analysés en France, qu’ils soient en mer, lacs ou rivières, sont contaminés par des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), surnommées « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement et dans le corps humain.

Sur 107 sites testés, chacun contenait au moins une de ces substances chimiques toxiques.

Ces molécules, utilisées dans de nombreux produits industriels comme les poêles antiadhésives, les vêtements imperméables ou les pesticides, sont réputées pour leur toxicité et leur capacité à s’accumuler dans les organismes vivants.

Leur présence généralisée soulève des questions sur la qualité réelle des eaux de baignade, malgré les classements officiels souvent positifs.

2

Substances dangereuses identifiées

Parmi les 23 types de PFAS détectés, trois substances se distinguent par leur omniprésence et leur dangerosité.

L’acide trifluoroacétique (TFA), classé « toxique pour la reproduction suspecté » par l’Agence européenne des produits chimiques, est présent en concentrations élevées : 1 728 nanogrammes par litre (ng/l) en moyenne dans les eaux douces et 356,5 ng/l dans les eaux marines.

Le PFOA (acide perfluorooctanoïque), interdit mais encore largement répandu, a été retrouvé sur 92,6 % des sites d’eau douce et 71 % des sites côtiers.

Le PFOS (sulfonate de perfluorooctane), également interdit, était présent sur 92,6 % des sites d’eau douce et 61,7 % des sites côtiers.

Ces deux derniers sont considérés comme « cancérogènes pour les humains » et « cancérogènes possibles » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

3

Réglementation insuffisante

La réglementation européenne actuelle ne prend en compte que les critères bactériologiques pour évaluer la qualité des eaux de baignade, en se basant notamment sur la présence de bactéries comme *E.

coli* ou les entérocoques intestinaux.

Selon la Commission européenne, 85 % des eaux de baignade en Europe seraient « excellentes ».

Cependant, Surfrider souligne que si le PFOS était intégré aux critères, 78 % des sites continentaux et 44 % des sites littoraux analysés seraient classés en « mauvais état chimique ».

Aux Pays-Bas, un seuil sanitaire de 280 ng/l pour les PFAS dans les eaux de surface a été fixé, au-delà duquel la baignade est interdite.

En France, la base nautique de Bédanne (Seine-Maritime) dépasse ce seuil avec un échantillon mesuré à 450 ng/l.

4

Demandes de Surfrider

Face à cette contamination généralisée, l’association Surfrider Foundation Europe appelle l’Union européenne à agir en instaurant des normes de qualité chimique pour les eaux de baignade.

Elle demande également l’amélioration des dispositifs de contrôle et la mise en place de plans de dépollution.

Actuellement, seuls les Pays-Bas disposent d’un outil de mesure spécifique pour les PFAS.

Surfrider rappelle que ces substances, bien qu’interdites, persistent dans l’environnement en raison de leur longue durée de vie, ce qui rend leur élimination complexe.

L’association insiste sur la nécessité d’une approche plus stricte pour protéger la santé publique et les écosystèmes.

5

Contexte et acteurs clés

L’étude publiée le 6 juillet 2026 par Surfrider Foundation Europe s’inscrit dans un contexte de canicule et de forte demande de baignade.

Les PFAS, utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux secteurs industriels, sont aujourd’hui reconnus comme une menace majeure pour la santé et l’environnement.

Les acteurs impliqués incluent l’Union européenne, qui fixe les réglementations, les agences sanitaires comme l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) et le CIRC, ainsi que les associations environnementales comme Surfrider.

Les Pays-Bas servent de référence avec leur seuil sanitaire pour les PFAS, tandis que la France, bien que concernée, ne dispose pas encore de normes adaptées pour les eaux de baignade.

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