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Visible depuis l'espace, une montagne de vêtements abandonnés dans le désert chilien provoque une crise environnementale jugée par la justice

Auriane Polge· 29 juillet 2026

Dans le désert d'Atacama, au nord du Chili, une décharge de vêtements grossit depuis plus de dix ans sans que personne l'arrête. Une avocate a fini par attaquer l'État en justice. Le tribunal lui a donné raison, et la décision n'a pas fini de faire du bruit.

Résumé

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Désert chilien pollué

Dans le désert d’Atacama, au nord du Chili, s’étend une montagne de vêtements abandonnés visible depuis l’espace.

Ce site, surnommé décharge à ciel ouvert, couvre une superficie équivalente à 30 terrains de football.

Les vêtements, principalement des invendus ou des dons non vendus, proviennent de l’industrie textile mondiale, notamment des États-Unis, d’Europe et d’Asie.

Le désert, l’un des plus arides du monde, ne permet pas une décomposition naturelle des textiles, qui s’accumulent depuis des décennies.

Les fibres synthétiques, comme le polyester, mettent jusqu’à 200 ans à se dégrader et libèrent des microplastiques dangereux pour les écosystèmes locaux.

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Origines de la crise

La crise environnementale trouve son origine dans les pratiques de l’industrie de la mode rapide (fast fashion), qui produit des vêtements à bas coût et en grande quantité.

Les marques envoient souvent leurs invendus ou vêtements invendables dans des pays en développement, comme le Chili, pour éviter des pertes financières.

Le port de Iquique, une zone franche chilienne, sert de point d’entrée pour ces textiles, où une partie est recyclée localement, mais le reste s’entasse dans le désert.

En 2023, on estimait que 39 000 tonnes de vêtements étaient abandonnées chaque année dans cette région, aggravant la pollution des sols et des nappes phréatiques.

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Impact écologique

La montagne de vêtements a des conséquences graves sur l’environnement.

Les microplastiques, issus de la dégradation des fibres synthétiques, contaminent les sols et les cours d’eau, menaçant la faune locale, comme les flamants roses et les lamas.

Les produits chimiques utilisés pour teindre les vêtements, comme les métaux lourds, s’infiltrent dans les nappes phréatiques, rendant l’eau impropre à la consommation.

De plus, les vêtements en coton, bien que biodégradables, consomment d’énormes quantités d’eau lors de leur production, aggravant la pression sur les ressources hydriques déjà limitées du désert.

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Réaction judiciaire

Face à cette crise, la justice chilienne a décidé d’agir.

En 2025, un tribunal de la région d’Antofagasta a ordonné la fermeture partielle du site et demandé aux autorités locales de trouver une solution durable pour gérer les déchets textiles.

Les responsables de l’importation et du stockage des vêtements ont été mis en cause pour négligence environnementale.

Des amendes ont été prévues pour les entreprises impliquées, et des experts ont été chargés d’évaluer les risques sanitaires pour les populations locales.

Cette décision marque une première dans la région, où les réglementations environnementales étaient jusqu’alors peu appliquées.

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Solutions envisagées

Plusieurs pistes sont explorées pour résoudre ce problème.

Les autorités chiliennes envisagent de créer une filière de recyclage locale, en collaboration avec des entreprises spécialisées dans le traitement des textiles.

Une autre solution consisterait à interdire l’importation de vêtements invendables au Chili, comme le font déjà certains pays africains.

Par ailleurs, des associations écologistes demandent une régulation internationale plus stricte de l’industrie textile, notamment pour limiter les exportations de déchets vers les pays en développement.

Enfin, des projets de valorisation énergétique des vêtements sont à l’étude, afin de transformer une partie des déchets en énergie.

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Enjeux globaux

Ce cas illustre un problème mondial : l’exportation des déchets textiles des pays riches vers les pays pauvres.

Selon l’ONU, 92 millions de tonnes de vêtements sont jetés chaque année dans le monde, dont une grande partie finit dans des décharges informelles en Afrique ou en Asie.

Le Chili, avec sa décharge d’Atacama, devient malgré lui un symbole de cette crise.

Les experts soulignent la nécessité d’une coopération internationale pour responsabiliser les acteurs de l’industrie textile et limiter les impacts environnementaux.

Sans action urgente, les générations futures hériteront de montagnes de déchets encore plus imposantes.

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