États-Unis : l’ONU réclame des enquêtes sur la hausse des décès de migrants en détention
Les décès s’accumulent derrière les murs des centres de détention pour migrants aux États-Unis. Face à cette hausse, le chef des droits humains des Nations Unies, Volker Türk, a demandé vendredi l'ouverture d'enquêtes sur chaque décès survenu sous la responsabilité de la police de l'immigration américaine (ICE)..
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exprimé une vive inquiétude face à l'augmentation des décès de migrants en détention aux États-Unis. Dans un communiqué publié le 26 juin 2026, il a souligné que les responsables de ces violations doivent rendre des comptes et que les familles des victimes ont droit à la vérité, à la justice et à des réparations. Selon les données de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement, l'agence américaine chargée de l'application des lois sur l'immigration), 19 migrants sont morts dans ses centres de rétention entre janvier et juin 2026, contre 8 sur la même période en 2025. En 2025, 33 décès avaient été recensés, contre 11 en 2024. Cette hausse coïncide avec une politique de durcissement de la détention des migrants, alors que plus de 60 000 personnes sont actuellement détenues, avec une capacité prévue pour atteindre 90 000 places d'ici la fin de l'année.
Volker Türk a pointé du doigt l'opacité qui entoure les décès en détention. Les circonstances de ces morts sont souvent mal documentées, et les familles ont parfois des difficultés à localiser leurs proches, notamment en cas de transferts entre centres. Le haut responsable a également évoqué des allégations préoccupantes concernant l'usage excessif de la force dans certains établissements. Parmi les 19 décès recensés en 2026, cinq ont été officiellement qualifiés de suicides. L'incertitude prolongée sur le statut migratoire des personnes détenues aggrave leur détresse psychologique, s'ajoutant à des conditions de rétention déjà critiquées. L'ICE est l'agence fédérale américaine responsable de la gestion de ces centres de détention pour migrants.
Le Haut-Commissaire de l'ONU a dénoncé des conditions inhumaines dans les centres de rétention américains. Il a cité des signalements récurrents de soins médicaux insuffisants, d'alimentation inadéquate et d'exposition à des maladies. L'isolement cellulaire, utilisé de manière prolongée ou indéterminée, est particulièrement préoccupant, car il peut être considéré comme un traitement cruel, inhumain ou dégradant, en violation du droit international des droits de l'homme. Ces conditions aggravent la vulnérabilité des détenus et soulèvent des questions sur la prévention de certains décès. Le droit international des droits de l'homme est un ensemble de règles et de principes adoptés par les Nations unies pour protéger les droits fondamentaux de chaque individu.
Volker Türk a appelé les autorités américaines à privilégier des alternatives à la détention administrative, notamment pour les femmes enceintes et les personnes souffrant de problèmes de santé physique ou mentale. Il a également insisté sur le fait que les enfants ne devraient jamais être détenus pour des raisons liées à l'immigration, quel que soit leur statut ou celui de leurs parents. Le Haut-Commissaire a demandé à Washington de garantir des conditions de détention conformes aux normes internationales, en assurant un accès rapide aux soins, en réduisant la surpopulation des centres et en offrant une assistance juridique, consulaire et linguistique. Il a rappelé que le Congrès américain a la responsabilité de contrôler les conditions de détention et les financements publics qui leur sont consacrés.
Volker Türk a conclu en rappelant que nul ne devrait être renvoyé vers un pays où il risquerait de subir de graves violations des droits de l'homme ou d'autres préjudices irréversibles. Cette déclaration s'inscrit dans le contexte des politiques migratoires américaines, qui incluent des mesures de détention et des procédures de renvoi vers des pays d'origine ou de transit. Les droits de l'homme désignent les droits fondamentaux inaliénables de chaque personne, reconnus par des traités internationaux. Les *préjudices irréversibles* font référence à des dommages permanents, physiques ou psychologiques, que les migrants pourraient subir en cas de retour forcé dans des pays où leur sécurité n'est pas garantie.

