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Géopolitique

Au Tigré, de violents affrontements menacent un accord de paix qui “n’a rien réglé”

Courrier International · mis à jour il y a 2 h

Des centaines d’Éthiopiens originaires de la région septentrionale du Tigré ont franchi la frontière avec le Soudan après des affrontements entre les forces régionales et l’armée éthiopienne, durant le week-end des 1ᵉʳ et 2 août. Les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir violé l’accord de Pretoria de 2022, qui avait entériné la fin de la guerre civile..

Nouveaux combats au Tigré

Des affrontements violents ont éclaté les 1ᵉʳ et 2 août 2026 à Shererina, dans l’ouest de la région du Tigré, en Éthiopie. Ces combats opposent les forces militaires régionales, dirigées par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), un parti indépendantiste, et l’armée fédérale éthiopienne. Selon la BBC, ces affrontements sont les plus graves depuis la fin de la guerre civile qui a ravagé la région entre 2020 et 2022. Depuis ces combats, des centaines de civils originaires du Tigré ont fui vers le Soudan voisin pour échapper à la violence.

Accord de paix en échec

Ces violences surviennent alors que l’accord de paix signé à Pretoria en 2022, qui avait mis fin à la guerre civile au Tigré, est aujourd’hui remis en cause. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir violé les termes de cet accord, notamment en déplaçant des troupes et en intensifiant les tensions le long de la frontière. Malgré une déclaration de « désescalade » émise par le TPLF le 2 août, les craintes d’une reprise du conflit se sont renforcées, selon Al-Jazeera. L’accord de Pretoria avait été négocié sous l’égide de l’Afrique du Sud et de l’Union africaine pour mettre fin à un conflit qui avait causé des dizaines de milliers de morts et une crise humanitaire majeure.

Violences transfrontalières

Les combats ont débordé de la frontière éthiopienne et touché des camps de réfugiés situés au Soudan. Des tirs d’artillerie ou de drones ont provoqué des explosions dans plusieurs grands camps, selon la chaîne qatarie Al-Jazeera. La Commission soudanaise pour les réfugiés a confirmé que ces attaques ont fait des morts et des blessés parmi les réfugiés éthiopiens. Ces violences transfrontalières illustrent l’instabilité persistante dans la région et l’incapacité des parties à respecter les engagements pris dans l’accord de 2022.

Crise humanitaire aggravée

La fuite de centaines de civils vers le Soudan aggrave une crise humanitaire déjà préoccupante. Le Tigré, région du nord de l’Éthiopie, a été le théâtre d’un conflit particulièrement meurtrier entre 2020 et 2022, marqué par des violences ethniques, des famines et des déplacements massifs de population. Les combats récents risquent d’aggraver encore la situation, alors que les infrastructures locales et les services de base (santé, nourriture) restent fragiles. Les organisations internationales craignent une nouvelle escalade qui pourrait plonger la région dans une nouvelle phase de violence.

Ce que ça pourrait changer

Le conflit oppose principalement le gouvernement éthiopien, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, et le TPLF, qui représente la région du Tigré. Le TPLF est un parti historique, au pouvoir en Éthiopie pendant près de 30 ans avant d’être écarté en 2018. Depuis, il a mené une rébellion contre le gouvernement central, déclenchant la guerre civile en 2020. D’autres acteurs régionaux, comme l’Érythrée voisine, sont également impliqués indirectement dans le conflit, bien que leur rôle exact ne soit pas détaillé dans l’article. L’Union africaine et plusieurs pays africains tentent de jouer un rôle de médiation, mais sans succès durable jusqu’à présent.

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