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Remboursement au nom de la parité – sur les deux dernières années – d'un salaire manifestement disproportionné

Lexis Veille· 7 juillet 2026

Remboursement au nom de la parité – sur les deux dernières années – d'un salaire manifestement disproportionné Fonctions publiques

Résumé

1

Salaire disproportionné

Un directeur d'un port de plaisance, employé dans un établissement public industriel (EPIC), a bénéficié d'une rémunération jugée manifestement disproportionnée par rapport aux grilles salariales des agents publics.

Cette situation s'explique par son recrutement initial en contrat de droit privé, qui permet aux employeurs publics de négocier des salaires plus élevés pour attirer des profils rares ou très qualifiés.

Dans ce cas précis, la rémunération élevée était justifiée par la volonté de recruter un candidat perçu comme un meilleur profil sur le marché du travail.

L'article souligne que cette pratique n'est pas exceptionnelle, mais elle pose question lorsque le contexte évolue, notamment lors du passage du service en régie directe en 2005.

La régie directe désigne une situation où une administration gère elle-même un service, sans recourir à des contrats privés, ce qui implique le respect des règles de la fonction publique.

2

Passage en régie directe

En 2005, le service géré par l'EPIC a été transféré en régie directe, c'est-à-dire que sa gestion a été reprise par une administration publique.

L'agent en question est alors devenu le directeur principal de ce service, mais cette fois sous un contrat de droit public.

Cette transition est cruciale, car les contrats de droit public sont soumis à des règles strictes, notamment en matière de rémunération, qui doivent respecter les grilles indiciaires de la fonction publique.

Le problème se pose alors : doit-on maintenir la rémunération élevée accordée sous contrat privé, alors que l'agent occupe désormais un poste encadré par le droit public ?

La question juridique soulevée ici concerne la parité de traitement entre les agents publics et les agents sous contrat privé, ainsi que la légalité de maintenir un salaire disproportionné dans ce nouveau contexte.

3

Jurisprudence et parité

Le Conseil d'État (CE), plus haute juridiction administrative française, a été saisi pour trancher cette question.

Dans son arrêt du 26 janvier (date non précisée dans l'article), le CE a statué sur la possibilité de rembourser les sommes perçues en trop par l'agent sur les deux dernières années, au nom de la parité.

La parité désigne ici l'égalité de traitement entre les agents publics et les agents sous contrat privé, une fois que ces derniers intègrent la fonction publique.

Le CE a considéré que le maintien d'un salaire disproportionné, même pour un ancien contrat privé, n'était pas justifié une fois le service passé en régie directe.

Cette décision s'inscrit dans une logique de justice financière pour l'employeur public, qui ne peut être contraint de payer des sommes excessives au regard des règles de la fonction publique.

4

Intérêt pour l'employeur public

L'article met en avant l'intérêt de l'employeur public à éviter des dépenses excessives.

En effet, les deniers publics doivent être utilisés de manière proportionnée et transparente.

Le remboursement des sommes perçues en trop par l'agent permet de rétablir l'équilibre financier et de respecter les principes de bonne gestion des fonds publics.

Cette logique s'applique particulièrement dans le cas d'un établissement public, où les ressources proviennent souvent de subventions ou de taxes.

Le professeur de droit public Mathieu Touzeil-Divina, auteur de l'article, souligne que cette décision jurisprudentielle renforce la responsabilité financière des employeurs publics, tout en garantissant une équité entre les agents, quel que soit leur statut initial.

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