“Ad bestias” : enquête sur le supplice animal dans la Rome antique
Loin du mythe des martyrs chrétiens livrés aux lions, la condamnation aux bêtes était une peine judiciaire très codifiée, réservée aux criminels modestes dans l'Empire romain. L'archéologie et la zooarchéologie révèlent la réalité de ce supplice. Comment l'arène imposait-elle cet ordre politique ?
Résumé
Un supplice codifié
La condamnation ad bestias (littéralement "aux bêtes" en latin) était une peine judiciaire romaine très structurée, bien loin de l’image romantisée des martyrs chrétiens livrés aux lions.
Contrairement aux idées reçues, cette sanction s’inscrivait dans un cadre juridique précis et faisait partie des summa supplicia (supplices extrêmes) de l’Empire romain.
Elle était réservée aux criminels issus des couches populaires, appelés humiliores (esclaves, pérégrins, citoyens modestes), tandis que les élites (honestiores) bénéficiaient de peines moins infamantes comme la décapitation ou l’exil.
Cette distinction reflétait une justice inégalitaire, où la sévérité du châtiment dépendait du statut social du condamné.
La peine entraînait la mort civique immédiate, l’annulation des testaments et la confiscation des biens au profit de l’État.
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