La Coupe du monde est-elle sous l’influence de Trump ?

L'opportunisme politique de Gianni Infantino est bien connu, mais sa proximité avec Trump a atteint des proportions troublantes. L’article La Coupe du monde est-elle sous l'influence de Trump ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.
Résumé
Affaire Balogun déclenchée
Le 2 juillet 2026, lors du huitième de finale de la Coupe du monde opposant les États-Unis à la Bosnie-Herzégovine, l'attaquant américain Folarin Balogun est exclu à la 64e minute après un contact involontaire avec un adversaire.
Selon le règlement de la FIFA, ce type de faute entraîne une expulsion automatique assortie d'une suspension pour le match suivant.
Balogun aurait donc dû manquer le quart de finale contre la Belgique, prévu le 7 juillet.
Cette décision a suscité une vive polémique aux États-Unis, où même l'ancien président Donald Trump est intervenu auprès de Gianni Infantino, président de la FIFA, pour demander l'annulation de la suspension.
Décision controversée FIFA
La veille du match États-Unis-Belgique, la commission disciplinaire de la FIFA a décidé de suspendre la sanction de Balogun pour une durée d'un an, en invoquant l'article 27 de son code disciplinaire.
Cette mesure permet de mettre une suspension en attente à condition qu'elle ne soit pas liée à des matchs truqués.
Grâce à cette décision, Balogun a pu jouer contre la Belgique, mais les États-Unis ont finalement perdu 1-4.
La FIFA n'a publié aucun rapport expliquant les motifs de cette réintégration, ce qui a alimenté les suspicions d'une intervention politique.
Cette affaire est la première où un pouvoir politique, en l'occurrence les États-Unis, s'immisce directement dans les affaires sportives lors d'une Coupe du monde.
Contexte politique tendu
Cette polémique s'inscrit dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l'Union européenne sous le second mandat de Donald Trump.
Le football, traditionnellement dominé par l'Europe, est devenu un terrain de rivalité géopolitique.
La FIFA, dirigée par Gianni Infantino, s'est rapprochée des États-Unis ces dix dernières années, tandis que l'UEFA, qui gouverne le football européen, se sent menacée.
En 2015, le FBI a joué un rôle clé dans les arrestations qui ont affaibli la FIFA, une opération interprétée comme une revanche pour l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar plutôt qu'aux États-Unis.
Gianni Infantino a été élu président de la FIFA en 2016 avec le soutien des États-Unis.
Relations ambiguës Infantino-Trump
Gianni Infantino, président de la FIFA, entretient des relations étroites avec Donald Trump.
En mai 2025, il a accompagné Trump lors d'une tournée officielle dans les monarchies du Golfe, arrivant en retard au 75e Congrès de la FIFA à Asunción, au Paraguay.
Plusieurs délégués européens ont quitté l'assemblée en signe de protestation contre cette proximité.
Par ailleurs, avant l'affaire Balogun, la FIFA avait déjà utilisé l'article 27 pour gracier Cristiano Ronaldo, dont la suspension avait été levée quelques jours après une visite à la Maison-Blanche.
Ces décisions répétées alimentent les soupçons d'une perte d'indépendance de la FIFA au profit des États-Unis.
Réactions européennes et menaces
L'UEFA, qui représente les fédérations de football européennes, a vivement réagi à l'affaire Balogun.
Dans un communiqué, elle a dénoncé le franchissement d'une ligne rouge, affirmant que la sécurité juridique n'était plus garantie et que l'intégrité du jeu était menacée.
L'ancien président de la FIFA, Joseph Blatter, a également critiqué cette ingérence politique, déclarant que les cartons rouges ne s'annulent pas par des coups de téléphone politiques.
Plus de 30 membres du Parlement européen ont demandé une enquête sur les contacts entre Infantino et Trump.
Ces réactions reflètent une inquiétude croissante quant à la crédibilité de la FIFA et à son indépendance face aux pressions politiques.
Crise de crédibilité FIFA
L'affaire Balogun n'est pas un cas isolé dans ce Mondial 2026, marqué par plusieurs controverses politiques.
La FIFA a refusé des visas à des supporters et membres de délégations de certains pays, et le prix des billets a également suscité des critiques.
L'organisation sportive, traditionnellement perçue comme une entité supranationale et neutre, voit sa crédibilité s'éroder en raison de son alignement apparent sur les positions américaines.
Dario Saltari, journaliste, a qualifié Infantino de 'grand chambellan' du clan Trump, soulignant la position de faiblesse dans laquelle se trouve désormais la FIFA.
Cette perte d'indépendance menace l'intégrité même du football mondial.
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