Avez-vous remarqué ce nouveau panneau ? Un félin rare intègre le code de la route dans le Jura et le Doubs
Sur les routes de montagne, les panneaux « passage de gibier » se ressemblent tous, cerf ou sanglier stylisé. Dans le massif jurassien, un félin discret et menacé manquait pourtant à l'appel.
Un nouveau panneau de signalisation a été installé dans les départements du Jura et du Doubs, dans l’est de la France. Ce panneau représente un félin rare, le lynx boréal (Lynx lynx), une espèce protégée et discrète. L’objectif est d’avertir les automobilistes de la présence possible de cet animal dans la zone, afin de réduire les risques de collisions. Ce type de signalisation est utilisé pour protéger les espèces menacées et sensibiliser le public à leur préservation. Le lynx boréal est un mammifère carnivore de la famille des félins, reconnaissable à ses oreilles pointues ornées de touffes de poils noirs et à sa queue courte. En France, il est classé comme espèce en danger, avec une population estimée à moins de 150 individus, principalement dans les massifs du Jura et des Vosges.
Les départements du Jura et du Doubs, situés en région Bourgogne-Franche-Comté, abritent l’une des dernières populations de lynx boréal en France. Ces zones, composées de forêts denses et de montagnes, offrent un habitat idéal pour ce félin solitaire et territorial. Les collisions routières sont l’une des principales causes de mortalité non naturelle pour le lynx en France, avec une dizaine d’individus tués chaque année par des véhicules. L’installation de ce panneau s’inscrit dans un projet plus large de protection de l’espèce, mené par des associations de conservation comme FERUS et LPO Bourgogne-Franche-Comté, en collaboration avec les autorités locales et les services de l’État.
Le panneau vise à alerter les conducteurs sur la présence potentielle de lynx, notamment dans les zones forestières ou en lisière de forêt. Il rappelle l’importance de réduire la vitesse et d’être vigilant, surtout à l’aube et au crépuscule, périodes d’activité du lynx. Cette mesure s’ajoute à d’autres dispositifs comme les passages à faune ou les clôtures adaptées, déjà mis en place dans certaines zones. En Suisse voisine, où la population de lynx est plus importante, des panneaux similaires ont permis de réduire de 30 % le nombre de collisions. Les autorités espèrent un effet comparable en France, où la mortalité routière reste un enjeu majeur pour la survie de l’espèce.
Le lynx boréal est une espèce strictement protégée par la loi française et européenne. En France, il est classé en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Les principales menaces pesant sur l’espèce incluent les collisions routières, le braconnage et la fragmentation de son habitat. Le lynx boréal se nourrit principalement de petits mammifères comme les lièvres ou les rongeurs, et peut parcourir jusqu’à 30 kilomètres par jour pour chasser. Sa reproduction est lente, avec une portée de 1 à 4 petits tous les 2 ans, ce qui rend sa survie encore plus fragile.
Outre les panneaux, des actions de sensibilisation sont menées auprès des habitants, des randonneurs et des chasseurs pour limiter les perturbations du lynx. Des campagnes d’information sont organisées dans les écoles et les communes concernées, avec des ateliers sur la cohabitation entre humains et faune sauvage. Des études sont également réalisées pour suivre les déplacements des lynx équipés de colliers GPS, afin d’identifier les zones à risque et d’adapter les mesures de protection. Ces initiatives s’inscrivent dans le *Plan national de restauration du lynx boréal*, lancé en 2020 pour tenter de stabiliser et d’augmenter la population française.

