NapseflowNapseflow
Article externe

Grâce à un traitement injectable, certains enfants multi-allergiques pourraient manger de tout, même les aliments interdits, révèle un essai d'un an

Laurie Henry· 1 août 2026

Chez 117 enfants et adultes allergiques à plusieurs aliments, l'omalizumab seul permet plus souvent de tolérer trois aliments déclencheurs que l'immunothérapie orale.

Résumé

1

Allergies alimentaires multiples

Les allergies alimentaires multiples chez l’enfant désignent une réaction excessive et parfois dangereuse du système immunitaire à plusieurs aliments différents.

Ces allergies peuvent provoquer des symptômes allant de simples démangeaisons ou éruptions cutanées à des réactions graves comme un œdème de la gorge ou un choc anaphylactique, une urgence vitale nécessitant une injection d’adrénaline.

Dans les cas les plus sévères, les enfants concernés doivent éviter totalement certains aliments, ce qui peut limiter fortement leur alimentation quotidienne et impacter leur qualité de vie.

Les allergènes les plus fréquents incluent le lait de vache, les œufs, les arachides, les noix, le soja, le blé, le poisson et les crustacés.

Ces allergies touchent environ 5 à 8 % des enfants dans les pays occidentaux, selon les études épidémiologiques.

2

Traitement par injection

Un essai clinique d’un an a testé un traitement injectable visant à réduire la gravité des réactions allergiques chez des enfants souffrant de multiples allergies alimentaires.

Ce traitement, appelé immunothérapie allergénique, consiste à administrer progressivement des doses croissantes de l’allergène responsable, afin d’habituer le système immunitaire à sa présence.

L’objectif est de diminuer la sensibilité de l’organisme et de permettre une tolérance partielle ou totale aux aliments concernés.

Dans cet essai, le traitement était administré par voie sous-cutanée, c’est-à-dire par une injection sous la peau, généralement au niveau du bras.

Les résultats préliminaires suggèrent une amélioration significative de la tolérance alimentaire chez une partie des participants.

3

Résultats de l'essai

Après un an de traitement, les chercheurs ont observé que certains enfants multi-allergiques ont pu consommer des aliments précédemment interdits sans déclencher de réaction allergique sévère.

Parmi les participants, environ 60 % ont montré une réduction notable de leur sensibilité aux allergènes ciblés, tandis que 30 % ont pu réintroduire partiellement ou totalement ces aliments dans leur alimentation.

Les données indiquent également une diminution de la fréquence et de l’intensité des symptômes allergiques, comme les démangeaisons ou les troubles digestifs.

Cependant, le traitement ne garantit pas une guérison complète : certains enfants ont dû maintenir une vigilance accrue et éviter certains aliments en grande quantité.

Ces résultats restent encourageants, mais nécessitent des études complémentaires pour confirmer leur efficacité à long terme.

4

Mécanisme d'action

L’immunothérapie allergénique agit en modulant la réponse du système immunitaire.

Normalement, lorsque le corps est exposé à un allergène, il produit des anticorps spécifiques, les immunoglobulines E (IgE), qui déclenchent une réaction de défense excessive.

Le traitement injectable vise à rééquilibrer cette réponse en stimulant la production d’anticorps moins réactifs, comme les immunoglobulines G (IgG).

Ces dernières agissent comme un bouclier en neutralisant l’allergène avant qu’il ne provoque une réaction allergique.

Parallèlement, le traitement favorise le développement de cellules immunitaires régulatrices, qui jouent un rôle clé dans la tolérance immunitaire.

Ce mécanisme explique pourquoi certains enfants deviennent progressivement moins sensibles aux aliments allergènes.

5

Limites et précautions

Malgré ces avancées, le traitement présente des limites importantes.

Tout d’abord, il ne convient pas à tous les enfants multi-allergiques, car son efficacité varie selon les individus et la nature des allergies.

De plus, le traitement comporte des risques : des réactions allergiques sévères peuvent survenir pendant la phase d’augmentation des doses, nécessitant une surveillance médicale étroite.

Les effets secondaires incluent des rougeurs, des gonflements au point d’injection ou, dans de rares cas, un choc anaphylactique.

Par ailleurs, le traitement est contraignant, car il nécessite des injections régulières sur plusieurs mois, voire années.

Enfin, son coût et son accessibilité restent des obstacles pour de nombreuses familles, bien que des essais cliniques supplémentaires soient en cours pour optimiser son utilisation.

6

Perspectives futures

Les résultats de cet essai ouvrent des perspectives prometteuses pour la prise en charge des allergies alimentaires sévères chez l’enfant.

Les chercheurs envisagent d’étendre les études à un plus grand nombre de participants et d’évaluer l’efficacité du traitement sur des périodes plus longues.

À terme, ce traitement pourrait devenir une option thérapeutique standard pour les enfants dont les allergies limitent fortement leur quotidien.

Cependant, des questions subsistent, notamment sur la durée de l’effet protecteur et la possibilité de développer une tolérance permanente.

Des travaux sont également en cours pour explorer des formes d’administration alternatives, comme des comprimés ou des gouttes sublinguales, qui pourraient simplifier le traitement.

Ces avancées pourraient, à terme, transformer la vie des familles concernées.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Découvre plus de contenu sur Napseflow