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Tous des hypocrites ? Le grand théâtre de notre vie sociale vu par Erving Goffman

hschlegel· 30 juillet 2026

Résumé

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Goffman et le théâtre social

Erving Goffman, sociologue canadien du XXe siècle, compare la vie sociale à une scène de théâtre où chaque individu joue un rôle.

Selon lui, nous ne sommes jamais authentiquement nous-mêmes, mais toujours en train de performer, c’est-à-dire d’adopter des comportements adaptés aux attentes des autres.

Cette idée remet en cause l’idée d’une personnalité fixe et naturelle.

Goffman s’inspire de la dramaturgie pour analyser nos interactions quotidiennes, montrant que nos gestes, nos paroles et même nos silences sont calculés pour influencer la perception que les autres ont de nous.

Par exemple, en vacances, loin de nous libérer de ces contraintes, nous continuons à jouer un rôle, celui de la personne détendue ou insouciante, même si cela ne correspond pas toujours à notre état réel.

2

Les masques sociaux

Pour Goffman, les masques symbolisent les rôles que nous endossons en société.

Ces masques ne sont pas nécessairement trompeurs : ils permettent de naviguer dans des situations complexes et de préserver l’harmonie sociale.

Par exemple, un employé peut masquer son stress lors d’une réunion pour ne pas inquiéter ses collègues.

Le sociologue distingue deux types de masques : les masques de façade, utilisés en public pour donner une image positive, et les masques de réserve, adoptés en privé pour exprimer des émotions plus authentiques.

Cette distinction montre que l’hypocrisie n’est pas toujours malveillante, mais peut être un outil de cohésion sociale.

3

Les personnages sociaux

Goffman identifie plusieurs personnages typiques qui émergent dans les interactions sociales.

Parmi eux, on trouve l’embarrassée, qui commet des maladresses et cherche à les corriger ; le gaffeur, qui brise les codes sociaux sans le vouloir ; ou encore la stigmatisée, dont la différence (handicap, origine, etc.) est perçue comme un obstacle à l’intégration.

Ces personnages illustrent comment les normes sociales influencent nos comportements et nos jugements.

Par exemple, une personne en situation de handicap peut être perçue comme la stigmatisée si elle ne parvient pas à masquer sa différence, ce qui peut entraîner des réactions de rejet ou de pitié.

4

La gestion des impressions

Un concept central chez Goffman est la gestion des impressions, c’est-à-dire la manière dont nous contrôlons ce que les autres perçoivent de nous.

Cette gestion passe par des techniques comme le contrôle des apparences (vêtements, posture) ou le contrôle des expressions (sourires, ton de voix).

Par exemple, un candidat à un entretien d’embauche peut adapter son discours pour correspondre aux attentes de l’employeur.

Goffman souligne que cette gestion est souvent inconsciente, mais qu’elle peut aussi devenir une stratégie délibérée pour obtenir un avantage social ou professionnel.

Elle explique pourquoi nous sommes parfois perçus comme hypocrites, alors que nous cherchons simplement à éviter les conflits ou les malentendus.

5

Les espaces sociaux

Goffman analyse aussi les espaces sociaux comme des scènes où se jouent des interactions spécifiques.

Il distingue les espaces de devant (où nous jouons notre rôle principal, comme au travail) et les espaces de derrière (où nous relâchons nos masques, comme à la maison).

Par exemple, un professeur peut être strict en classe (espace de devant) mais détendu avec ses proches (espace de derrière).

Cette distinction montre que nos comportements varient selon le contexte et les personnes présentes.

Elle explique aussi pourquoi certaines situations (comme les réseaux sociaux) brouillent ces frontières, rendant notre gestion des impressions plus complexe.

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Critique de l’authenticité

Goffman remet en cause l’idée d’une authenticité absolue, souvent valorisée dans nos sociétés.

Pour lui, l’authenticité est elle-même une performance, un rôle parmi d’autres.

Par exemple, une personne qui affirme être vraiment elle-même en vacances joue en réalité un rôle : celui de la personne libre et naturelle.

Cette critique montre que nos comportements sont toujours influencés par des normes sociales, même lorsque nous cherchons à nous en affranchir.

Goffman ne condamne pas cette hypocrisie, mais la présente comme une nécessité pour vivre en société, où les attentes des autres façonnent nos actions.

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