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Making scientific knowledge free for all

<name>Frédéric Schmidt, Professeur, Planétologie, Université Paris-Saclay</name> <foaf:homepage rdf:resource="https://theconversation.com/profiles/frederic-schmidt-696195"/>· 9 juillet 2026

Will accessing scientific knowledge ever become totally free? (Pictured here, the book tower at Prague's Municipal Library, the Czech Republic). Lysander Yuen/Unsplash , CC BY Scientific research publishing is a particularly lucrative industry. The most recent estimates suggest that it generates ar…

Résumé

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Un secteur très lucratif

L'industrie de l'édition scientifique représente un chiffre d'affaires annuel d'environ 19 milliards de dollars (soit 16,67 milliards d'euros), avec des marges bénéficiaires d'environ 40 %.

Ces profits proviennent principalement des cinq plus grands éditeurs commerciaux (Big Five), comme Elsevier, Springer Nature, Wiley, Taylor & Francis et SAGE.

Ces entreprises exploitent des travaux majoritairement financés par de l'argent public, sans rémunérer les chercheurs pour leur contribution essentielle, notamment la rédaction des articles, l'évaluation par les pairs (peer review) et une partie du travail éditorial.

Résultat : l'accès à la connaissance scientifique dépend encore largement de la richesse des institutions ou des pays, créant des inégalités d'accès entre les chercheurs et le grand public.

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Les paywalls, barrières numériques

Pendant des décennies, la majorité des recherches scientifiques ont été publiées derrière des paywalls (murs de paiement), rendant les articles inaccessibles sans abonnement ou achat ponctuel.

Un article peut coûter entre quelques dizaines et une centaine d'euros, tandis qu'une institution doit débourser des millions d'euros par an pour accéder à des milliers de revues.

Avant l'ère numérique, ces coûts élevés s'expliquaient par l'impression physique et la distribution des revues.

Aujourd'hui, bien que la diffusion numérique ait réduit ces coûts, les frais de publication ont paradoxalement augmenté.

Face à cette situation, des initiatives comme le Guerrilla Open Access Manifesto (2008) ou la plateforme Sci-Hub (créée en 2011) ont tenté de contourner ces barrières, mais restent illégales et ne constituent pas une solution durable pour un accès universel.

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L'Open Access, une solution ?

L'Open Access (OA) vise à rendre les résultats de recherche, surtout ceux financés par des fonds publics, accessibles gratuitement à tous.

Trois modèles principaux coexistent aujourd'hui.

Le Green OA permet de publier dans une revue traditionnelle puis de déposer une version non formatée de l'article dans une archive ouverte ou un dépôt institutionnel.

Le Gold OA rend l'article immédiatement accessible, mais impose des frais de publication (Article Processing Charge, APC) pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros, payés par les auteurs ou leurs institutions.

Enfin, le Diamond OA permet de publier et de lire gratuitement, grâce à des revues soutenues par des communautés scientifiques, des bibliothèques universitaires ou des organisations à but non lucratif.

Ce dernier modèle est le seul à garantir un accès universel sans dépendre des éditeurs commerciaux.

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Exemples de Diamond OA

Le Diamond Open Access s'appuie sur des outils technologiques modernes pour faciliter la gestion des revues scientifiques.

Par exemple, le système Open Journal System (OJS), utilisé dans 148 pays, permet aux chercheurs de gérer gratuitement l'ensemble du processus éditorial, de la soumission à la publication.

Des revues comme Sedimentologika ou Planetary Research illustrent ce modèle.

D'autres plateformes, comme SciPost ou Episciences, étendent cette approche à d'autres disciplines, y compris les sciences humaines.

À l'échelle locale, des initiatives comme POPS à l'Université Paris-Saclay émergent.

Parallèlement, des dépôts comme arXiv (2,4 millions d'articles) ou HAL en France permettent de partager des prépublications (preprints) sans évaluation par les pairs, favorisant une diffusion rapide mais avec des garanties de qualité limitées.

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Modèles innovants et limites

Certains modèles hybrides, comme le Subscribe-to-Open (S2O), proposent une solution transitoire.

Par exemple, le Bulletin de la Société mathématique de France permet aux lecteurs de payer un abonnement annuel, mais une fois le seuil de rentabilité atteint, tous les articles deviennent accessibles gratuitement.

D'autres initiatives, comme Peer Community In, offrent une évaluation post-publication gratuite, laissant aux auteurs le choix de soumettre ensuite leur article à une revue traditionnelle.

Cependant, ces modèles peinent encore à s'imposer à grande échelle.

Le principal défi reste la dépendance aux indicateurs quantitatifs (comme le facteur d'impact), souvent critiqués pour leur manque de fiabilité, mais toujours utilisés pour évaluer les chercheurs et orienter les politiques publiques.

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Enjeux futurs pour la science

Le système actuel de publication scientifique est menacé par la logique capitaliste des grands éditeurs, qui profitent du prestige qu'ils tirent des chercheurs eux-mêmes.

Ces acteurs contrôlent également des outils clés pour l'indexation et la visibilité des articles, renforçant leur domination.

Face à la montée des fake news et des discours anti-science, l'indépendance de la recherche et la confiance du public sont plus que jamais en jeu.

Dans un contexte de contraintes budgétaires, la communauté scientifique doit reprendre le contrôle des infrastructures de publication de manière plus efficace, moins coûteuse et durable.

L'accès ouvert à la science ne bénéficie pas seulement aux chercheurs : il permet aussi au grand public, aux enseignants, aux décideurs et au secteur privé d'accéder aux dernières avancées, renforçant ainsi la transparence et la capacité collective à répondre aux défis contemporains.

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