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Géopolitique

Économie russe : la crise des carburants s’approfondit et les exportations chutent

Le Grand Continent · mis à jour il y a 2 h

Parmi les premiers exportateurs mondiaux de produits pétroliers avant l'invasion de l'Ukraine, la Russie doit désormais acheter son essence à l'Inde et au Kazakhstan. L’article Économie russe : la crise des carburants s’approfondit et les exportations chutent est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Pénurie d'essence en Russie

Depuis fin 2024, la Russie fait face à une grave pénurie d'essence, principalement causée par des attaques répétées contre ses raffineries par l'Ukraine. Ces attaques ont réduit les capacités de production et de stockage de carburant dans le pays. Les prix du Super 95, un type d'essence couramment utilisé, ont fortement augmenté, passant de 0,55 dollar par litre en décembre 2024 à 0,93 dollar par litre en juillet 2026, soit une hausse de près de 70 % en un an et demi. Cette situation rappelle les pics de prix observés en juin 2022, juste après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Pour limiter l'inflation, le gouvernement russe a interdit à Rosstat, l'organisme officiel chargé des statistiques, de publier des données hebdomadaires sur les prix du carburant, une pratique qu'il avait pourtant rendue publique jusqu'alors.

Rationnement et importations

Face à la pénurie d'essence, des files d'attente et des mesures de rationnement se sont multipliées dans plusieurs régions russes, notamment en Crimée. Pour tenter de combler le manque, la Russie, qui était autrefois l'un des plus grands exportateurs mondiaux de produits pétroliers, a dû importer de l'essence d'Inde et du Kazakhstan ces dernières semaines. Cette situation est d'autant plus paradoxale que la Russie dépend traditionnellement de ses exportations de pétrole et de carburants pour son économie. Les autorités russes ont également pris des mesures exceptionnelles, comme interdire l'exportation d'essence depuis le 1er avril 2026 et celle de diesel depuis le 9 juillet 2026, des interdictions initialement prévues pour durer jusqu'à fin juillet mais qui ont été prolongées jusqu'au 31 janvier 2027. Le kérosène, utilisé pour l'aviation, était déjà interdit à l'exportation jusqu'en novembre 2026.

Baisse des exportations pétrolières

Les difficultés de la Russie se reflètent dans ses exportations de produits pétroliers et chimiques. Selon le CREA, un centre de recherche spécialisé, la Russie exportait plus de 400 000 tonnes de ces produits par jour au début de l'année 2022, au moment de l'invasion de l'Ukraine. En juillet 2026, ce volume est tombé à seulement 150 000 tonnes par jour, soit une baisse de près de 50 % depuis juin 2026. Cette chute s'explique par les attaques ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes et les restrictions imposées par les sanctions internationales. Malgré cette baisse, la Russie parvient encore à maintenir, voire à augmenter légèrement, ses exportations de pétrole brut grâce à des routes alternatives comme la route arctique, qui permet de raccourcir les trajets et d'éviter des zones à risque comme la mer Rouge.

Ce que ça pourrait changer

Le pétrole brut, qui n'est pas encore raffiné, rapporte moins à l'État russe que les produits pétroliers transformés comme l'essence ou le diesel. Cependant, il reste essentiel pour l'économie du pays, car il permet de maintenir l'activité des puits de pétrole. Sans exportations de pétrole brut, la Russie serait contrainte de fermer temporairement certains de ses puits, une décision risquée et coûteuse qui pourrait endommager les infrastructures à long terme. Les attaques ukrainiennes ont réduit les capacités de raffinage et de stockage, rendant les exportations de pétrole brut encore plus cruciales pour éviter une crise plus profonde. Malgré ces défis, la Russie continue de dépendre fortement de ses revenus pétroliers, qui représentent une part majeure de son budget.

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