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Le gouvernement Nétanyahou défie la Cour suprême sur la régulation des médias privés

Courrier International· 7 juillet 2026

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a décidé de passer outre une décision de la plus haute juridiction israélienne remettant en selle le conseil démissionnaire de l’organisme public chargé de réguler les télévisions et radios privées. Cette initiative, qui intervient en plein examen du rachat d’…

Résumé

1

Crise institutionnelle

Le 5 juillet 2026, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, Premier ministre israélien, a annoncé publiquement que l’État de droit en Israël avait pris fin.

Cette déclaration fait suite à une décision de l’exécutif de ne pas respecter une ordonnance émise par la Cour suprême israélienne.

L’objet du litige concerne la Deuxième Autorité de la télévision et de la radio (SATR), un organisme public indépendant chargé de réguler les chaînes de télévision et les radios privées en Israël.

La SATR doit notamment statuer sur le rachat de la chaîne Channel 13 par des investisseurs issus du secteur technologique israélien, connus pour leur opposition au Premier ministre.

Cette crise illustre un conflit plus large entre le gouvernement Nétanyahou et le pouvoir judiciaire, alors que des élections approchent et que le gouvernement cherche à faire adopter des réformes controversées.

2

Blocage de la SATR

La SATR, qui compte quinze membres dans son conseil d’administration, a vu sept de ses membres démissionner collectivement, privant l’organisme du quorum nécessaire pour prendre des décisions.

Cette démission en bloc a été interprétée comme une manœuvre politique visant à paralyser la SATR, un organisme indépendant chargé de réguler les médias privés en Israël.

Sans quorum, la SATR ne peut plus fonctionner normalement, ce qui empêche notamment l’examen du projet de rachat de Channel 13.

Ce blocage intervient dans un contexte où la régulation des médias est un enjeu majeur, notamment en raison des tensions politiques autour de la liberté de la presse et de l’indépendance des médias en Israël.

La Cour suprême avait ordonné au gouvernement de respecter ses décisions, mais celui-ci a choisi de ne pas s’y conformer, aggravant la crise institutionnelle.

3

Contexte politique tendu

Cette crise s’inscrit dans un contexte politique israélien marqué par des tensions croissantes entre le gouvernement Nétanyahou et les institutions judiciaires.

Le Premier ministre, en poste depuis plusieurs années, cherche à faire avancer des réformes qui lui tiennent à cœur, notamment en matière de justice et de régulation des médias.

Les élections approchent, et cette stratégie pourrait être perçue comme une tentative de renforcer son pouvoir avant le scrutin.

Le quotidien israélien Ha’Aretz, qui critique ouvertement le gouvernement, a souligné la gravité de la situation en déclarant que l’État de droit avait pris fin.

Cette déclaration reflète l’inquiétude d’une partie de la société israélienne face à l’affaiblissement des contre-pouvoirs et à la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif.

4

Enjeu du rachat de Channel 13

Le projet de rachat de Channel 13, l’une des principales chaînes de télévision privées israéliennes, par des investisseurs issus de la haute technologie est au cœur du conflit.

Ces investisseurs sont perçus comme hostiles au Premier ministre Nétanyahou, ce qui rend leur projet particulièrement sensible.

La SATR, en tant qu’organisme régulateur, doit évaluer la légalité et la conformité de ce rachat avec les règles en vigueur.

Cependant, son incapacité à fonctionner en raison du manque de quorum bloque cette évaluation.

Ce cas illustre les tensions autour de la liberté des médias et de l’indépendance des régulateurs en Israël, où le gouvernement cherche à contrôler indirectement le paysage médiatique pour influencer l’opinion publique.

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