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Les rails oubliés de la vallée de l’Ubaye 2/2 : Vallée ouverte ou vallée fermée ?

France Culture - Savoirs· 5 juillet 2026
Les rails oubliés de la vallée de l’Ubaye 2/2 : Vallée ouverte ou vallée fermée ?

La ligne de train n'a jamais été terminée, mais ses conséquences, elles, sont bien là. Dans la vallée de l'Ubaye, le débat sur l'enclavement et l'avenir du territoire reste ouvert.

Résumé

1

Un train inachevé

La ligne de chemin de fer Chorges-Barcelonnette, prévue pour relier la vallée de l’Ubaye au reste de la France, n’a jamais été achevée.

Son chantier, lancé il y a plus d’un siècle, a été abandonné avant son terme.

Pourtant, ses vestiges persistent aujourd’hui sous des formes inattendues : certains tunnels servent de chemins de randonnée à vélo ou de chais pour l’affinage de fromages, tandis que d’autres abritent des refuges pour chauves-souris.

Ce projet ferroviaire avorté illustre les choix économiques et politiques qui ont façonné l’histoire de cette vallée alpine.

L’Ubaye, située dans les Alpes de Haute-Provence, reste ainsi un territoire marqué par cet héritage technique et symbolique, où les infrastructures inabouties deviennent des éléments de patrimoine local.

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Vallée préservée ou enclavée

L’absence de train a eu des conséquences contrastées sur la vallée de l’Ubaye.

D’un côté, cet enclavement relatif a permis de préserver des paysages intacts, un équilibre entre tourisme et vie locale, ainsi qu’un caractère authentique.

De l’autre, il a aussi entraîné la fermeture de services publics comme l’hôpital, une perte de population et un isolement géographique persistant.

Pour rejoindre une grande ville, les habitants doivent encore parcourir plusieurs heures de route de montagne.

Ce débat oppose ceux qui voient dans cet isolement une chance de conservation de l’environnement et du patrimoine, à ceux qui le considèrent comme un frein au développement économique et à l’accès aux services essentiels.

3

Patrimoine et reconversion

Les infrastructures abandonnées de la ligne ferroviaire ont trouvé une seconde vie grâce à des reconversions originales.

Un tunnel, par exemple, est désormais utilisé comme chemin pour les piétons et les cyclistes, tandis qu’un autre a été transformé en cave d’affinage pour des fromages ou en refuge pour chauves-souris.

Ces adaptations montrent comment un projet inabouti peut devenir un atout pour le territoire.

Des associations locales, comme l’Association de sauvegarde et de promotion du patrimoine Caturige ou la Sabença de la Valèia, jouent un rôle clé dans la préservation et la valorisation de ces vestiges, en collaborant avec des acteurs comme la médiathèque de Barcelonnette ou Ubaye Tourisme.

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Débat sur l’avenir

Un siècle après l’abandon du chantier ferroviaire, le débat sur l’avenir de la vallée de l’Ubaye reste ouvert.

Les habitants et les acteurs locaux sont divisés : certains regrettent l’absence de développement industriel ou touristique, tandis que d’autres défendent l’enclavement comme une protection contre la surfréquentation et la standardisation des territoires.

Ce questionnement porte moins sur la construction d’une ligne de train que sur le modèle de développement souhaité pour cette région.

Les services publics perdus, comme l’hôpital, et l’exode des jeunes soulignent les défis concrets auxquels la vallée doit faire face, sans pour autant remettre en cause son identité préservée.

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Acteurs et ressources

Plusieurs acteurs locaux et institutions interviennent dans la réflexion sur l’avenir de l’Ubaye.

Parmi eux, Myriam Lèbre-Touquet, directrice de la médiathèque de Barcelonnette, Agnès Pignatel, maire du Lauzet-Ubaye, ou encore Laurent Surmely, historien spécialiste de la vallée, apportent des perspectives variées.

Des associations comme Sabença de la Valèia ou le Parc national du Mercantour, représenté par Xavier Fribourg, contribuent également à documenter et à promouvoir le patrimoine local.

Des travaux de recherche, comme ceux de Caroline Carlon (CNRS) ou Julien Coste, éclairent l’histoire de la vallée, tandis que des initiatives comme la distillerie Lachanenche illustrent la vitalité économique actuelle, malgré les défis.

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Ressources et références

Pour approfondir le sujet, plusieurs ouvrages et ressources sont cités dans l’article.

Parmi eux, Le chemin de fer de Barcelonnette de Jean-Michel Espitallier (1992), Les hommes et la route en Ubaye de Jean-François Delénat (1992), ou encore *Vallis montium.

Histoire de la vallée de Barcelonnette* de Julien Coste (1995).

Ces travaux, publiés par des associations locales comme la Sabença de la Valèia, offrent des éclairages historiques et géographiques sur la vallée.

Des archives inédites et des collaborations avec des institutions comme la médiathèque de Barcelonnette ou Ubaye Tourisme enrichissent également les connaissances disponibles sur ce territoire.

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