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Comment le chef de la Marine prépare la guerre de demain

Ramona Bloj· 6 juillet 2026
Comment le chef de la Marine prépare la guerre de demain

Pour l'amiral Vaujour, les conflits se jouent désormais sur les mers, les flux et la vitesse d'adaptation. L’article Comment le chef de la Marine prépare la guerre de demain est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Résumé

1

Guerres modernes et mers

Les conflits récents, comme la guerre en Ukraine ou les tensions au Moyen-Orient, montrent que les mers sont devenues des théâtres stratégiques majeurs.

Les routes maritimes, comme le détroit d’Ormuz ou celui de Bab el-Mandeb, sont des points de friction où s’affrontent États et acteurs non-étatiques, comme les Houthis.

La capacité à perturber ces flux commerciaux est désormais un attribut de puissance dans la guerre moderne.

Par exemple, le blocage des exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire a provoqué des crises alimentaires en Afrique.

De même, les attaques contre le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb ont forcé 60% du trafic à se détourner vers le Cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique.

2

Ressources sous-marines convoitées

Les mers ne sont pas seulement des routes commerciales, mais aussi des réserves de ressources stratégiques.

Les stocks halieutiques (poissons) et les minerais des fonds marins, comme les nodules polymétalliques riches en terres rares, sont de plus en plus convoités.

Ces ressources sont indispensables à l’économie mondiale, notamment pour les technologies modernes.

Par exemple, dans le golfe de Guinée, la pêche illégale menace les réserves halieutiques, mettant en danger la sécurité alimentaire de certains pays africains.

La France et d’autres nations plaident pour un moratoire sur l’exploitation de ces nodules, mais d’autres pays n’hésitent pas à s’en emparer.

3

Infrastructures maritimes vulnérables

Les infrastructures sous-marines, comme les câbles Internet ou énergétiques, et les sites littoraux sont devenus des cibles privilégiées.

Par exemple, 30% des câbliers mondiaux sont opérés par des groupes français, ce qui représente un atout stratégique.

Les attaques contre ces infrastructures peuvent paralyser des économies entières.

Les zones littorales sont également menacées par des missiles balistiques et des drones, ce qui oblige les marines à opérer plus loin des côtes et à renforcer leur autodéfense.

La surveillance des mers s’intensifie, notamment grâce aux satellites, mais les espaces sous-marins restent opaques.

4

Mobilité navale française

La France, grâce à sa géographie, est présente sur tous les océans du monde (Pacifique, océan Indien, Atlantique Ouest) avec des bases comme Papeete, Nouméa ou La Réunion.

Cette présence lui confère une profondeur stratégique.

La mobilité navale ne se limite pas aux déplacements tactiques, mais inclut aussi la capacité à déplacer rapidement un groupe aéronaval d’un théâtre d’opérations à un autre, comme du Baltique à l’océan Indien.

Cette manœuvre, complexe, est maîtrisée par peu de marines.

Le « temps tactique » s’est raccourci, exigeant une réactivité accrue des forces navales.

5

Fin de l’interdépendance sécurisée

Avant 2022, l’Europe croyait que la mondialisation et l’interdépendance économique garantissaient la paix et la sécurité.

La guerre en Ukraine a dissipé cette illusion.

Depuis le 24 février 2022, la force est redevenue un mode de règlement des conflits, et la Russie a montré sa volonté d’user de la violence pour imposer sa puissance.

Les Européens ont pris conscience des dangers du monde et de la nécessité de se préparer à des conflits durables.

L’amiral Pierre Vandier souligne que la « parenthèse enchantée » de la paix par l’interdépendance est terminée.

6

Guerres choisies vs subies

Jusqu’à récemment, les conflits dans lesquels la France et l’Europe s’engageaient étaient des « guerres choisies », c’est-à-dire des interventions lointaines et non obligatoires.

Aujourd’hui, les conflits sont de plus en plus des « guerres subies », imposées par des crises dont les conséquences directes touchent les économies européennes.

Par exemple, la guerre en Ukraine a montré que les conflits lointains peuvent avoir des répercussions immédiates sur la sécurité alimentaire ou énergétique de l’Europe.

Cette nouvelle réalité exige une adaptation rapide des stratégies de défense.

7

Menace russe et horizon 2030

La principale menace pour l’Europe est la Russie, qui a envahi l’Ukraine et multiplie les comportements agressifs à ses frontières.

La Russie renforce son outil militaire et se projette dans une économie de guerre à long terme.

Les services de renseignement français, allemands et britanniques anticipent un conflit de haute intensité d’ici trois ans, avec une menace russe à l’horizon 2030.

Fixer une temporalité permet de stimuler la préparation et la prise de conscience collective.

Par exemple, un homologue américain utilise un décompte vers le 1er janvier 2027 pour rappeler l’urgence de se préparer.

8

Crédibilité militaire française

La France dispose des moyens pour affirmer sa puissance militaire et être crédible sur la scène internationale.

Sa base industrielle de défense est l’une des plus solides d’Europe, couvrant les capacités de combat et la force nucléaire.

La dissuasion nucléaire, avec les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et la composante aéroportée de la force aéronavale nucléaire, joue un rôle clé.

La parole de la France est renforcée par cette crédibilité, notamment face à des adversaires comme la Russie.

La Marine française, en lien avec les autres armées, se prépare à des conflits de haute intensité.

9

Exercices de résilience navale

La Marine française organise des exercices pour renforcer sa résilience face à des menaces étatiques, comme des attaques de missiles ou des cyberattaques.

Ces entraînements, souvent réalistes, testent les vulnérabilités des bases navales et des systèmes de défense.

Par exemple, les exercices s’appuient sur le principe du free play, où des équipes simulent des méthodes de combat adverses sans limites.

L’OTAN s’intéresse à ces exercices, qui démontrent une capacité d’adaptation aux nouvelles menaces.

L’objectif est d’identifier et de corriger rapidement les faiblesses.

10

Armements massifiés et prolifération

Les conflits modernes voient une prolifération massive d’armements low cost, comme les drones ou les missiles balistiques, en plus des technologies high tech.

Cette massification des menaces oblige les armées à combiner défense et offensive avec des systèmes variés.

Par exemple, les Houthis ont utilisé des missiles balistiques et des drones contre des bâtiments de la Marine française.

La résilience des armées repose désormais sur la capacité à faire face à cette diversité d’armements, tout en maintenant des systèmes sophistiqués et coûteux.

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