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La Russie peut-elle développer une alternative à Starlink ?

Marin Saillofest· 30 juillet 2026

Le projet de constellation Rassvet, porté par le Bureau 1440, pourrait compter 250 satellites en orbite dès 2027. L’article La Russie peut-elle développer une alternative à Starlink ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Résumé

1

Contexte militaire

En février 2026, l’armée russe a subi une perte majeure avec la déconnexion de son accès à Starlink, un réseau de satellites américains permettant des communications Internet haut débit.

Cette interruption a considérablement réduit les capacités de communication des forces russes, au point de suspendre certaines opérations militaires.

Quelques jours plus tard, l’accès à Telegram, une application de messagerie populaire, a également été bloqué pour les soldats russes.

Ces deux événements illustrent la dépendance de la Russie envers des technologies étrangères dans le domaine spatial et des communications.

Depuis, Moscou cherche à développer sa propre solution pour éviter de nouvelles interruptions critiques.

2

Retard technologique

La Russie accuse un retard significatif dans le domaine des communications par satellite par rapport aux États-Unis, à l’Europe et à la Chine.

À ce jour, aucun service russe d’accès à Internet par satellite n’est opérationnel à grande échelle.

Les principaux concurrents sont Starlink, développé par l’entreprise américaine SpaceX, et OneWeb, une constellation gérée par le groupe franco-britannique Eutelsat depuis 2023.

La Chine, quant à elle, accélère le déploiement de ses propres constellations, comme SpaceSail et Guowang, avec des lancements réguliers de satellites.

Cette situation place la Russie dans une position de vulnérabilité stratégique face à ses adversaires.

3

Projet Rassvet

Pour combler son retard, la Russie mise sur le projet Rassvet, porté par le Bureau 1440, une entreprise créée en 2020 et appartenant au groupe IKS Holding.

Ce projet prévoit le lancement de 250 satellites en orbite dès 2027, puis 730 d’ici 2030 et 900 d’ici 2035.

Les premiers satellites expérimentaux ont été lancés en 2023 et 2024, suivis par une première série de 16 satellites en mars 2026.

Une deuxième mise en orbite a eu lieu le 19 juillet 2026, confirmant la progression du projet.

Selon les estimations de l’armée américaine, environ 100 de ces satellites seront dédiés au contrôle des drones et des systèmes aériens sans pilote.

4

Menaces et obstacles

Le développement de Rassvet fait face à deux défis majeurs.

D’une part, l’Ukraine a ciblé un centre de communications spatiales russe situé près de Moscou fin juin 2026, détruisant plusieurs antennes paraboliques.

Ce centre est considéré comme essentiel pour les projets Sfera et Rassvet, selon l’analyste russe Ruslan Leviev.

D’autre part, les sanctions internationales, notamment le 21e train de sanctions de l’Union européenne adopté le 23 juillet 2026, limitent l’accès de la Russie à des technologies critiques, ce qui pourrait ralentir le déploiement de la constellation.

Ces obstacles soulèvent des doutes sur la capacité de la Russie à atteindre ses objectifs dans les délais prévus.

5

Enjeux géopolitiques

La réussite du projet Rassvet est cruciale pour la Russie, car elle permettrait à ses forces militaires de disposer d’un accès autonome à Internet par satellite, réduisant leur dépendance envers des acteurs étrangers.

Cependant, ce projet suscite des inquiétudes en Ukraine, où les autorités craignent que Moscou ne renforce ses capacités de communication sur le front.

Les frappes ukrainiennes contre les infrastructures spatiales russes visent précisément à perturber ce développement.

En cas de succès, Rassvet pourrait devenir un outil stratégique pour la Russie, mais son avancement reste incertain en raison des défis techniques et des pressions extérieures.

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