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Sciences humaines

Methoden der Provenienzverzeichnung – Provenienzforschung in Bibliotheken (3/4)

Hypothèses (OpenEdition) · mis à jour 27 janv.

Posted in: de.hypothesesEinen Wendepunkt markiert die Washingtoner Konferenz von 1998. In ihrer Folge steht die Ermittlung ....

Origine de la recherche

La recherche sur la provenance des livres dans les bibliothèques a connu un tournant majeur en 1998 avec la Conférence de Washington. Cet événement a placé la question des biens spoliés par les nazis au cœur des priorités des bibliothèques. Par la suite, d'autres contextes historiques ont été examinés, comme les livres issus de la réforme agraire en RDA ou des contextes coloniaux. Sous la pression externe, les bibliothèques ont dû professionnaliser leurs méthodes de recherche et améliorer leurs outils pour identifier ces provenances. Cette évolution a marqué le début d'une approche systématique et rigoureuse dans ce domaine.

Normalisation des données

Pour que les données sur la provenance des livres puissent être retrouvées efficacement dans des bases de données contenant des millions d'entrées, elles doivent suivre des standards précis. Cela inclut des termes normalisés pour décrire le type d'exemplaire (ex-libris, stamp, dédicace), son statut juridique (butin de guerre, spoliation nazie), ses caractéristiques physiques ou encore les dates clés comme celle d'un achat. Ces règles sont définies dans des thésaurus, des listes de termes contrôlés. Le premier modèle de ce type a été créé par l'American Library Association dans les années 1980 avec le Thesaurus Provenance Evidence. En Allemagne, ce modèle a été adapté par Jürgen Weber sous le nom de Weimarer Modell, puis développé sous le nom de Thesaurus des termes de provenance (T-PRO). Depuis 2021, la gestion de ce thésaurus est assurée par la Commission Provenance du Deutscher Bibliotheksverband (association allemande des bibliothèques).

Fonctionnement du T-PRO

Le T-PRO est un outil multilingue qui utilise des données normalisées pour éviter les confusions, par exemple entre des auteurs portant le même nom comme Hans Müller. Il permet d'identifier précisément les provenances et d'intégrer ces informations dans des formats de données standardisés comme MARC, un système utilisé pour échanger des informations bibliographiques entre bibliothèques. Bien que des champs libres existent pour ajouter des détails supplémentaires, la majorité des données doivent respecter les termes définis dans le thésaurus. Ce système améliore considérablement la précision des recherches et la fiabilité des résultats dans les catalogues en ligne (OPAC).

Exemple concret de catalogage

Un exemple de notice catalographique dans l'OPAC de la Herzogin Anna Amalia Bibliothek à Weimar illustre comment les données de provenance sont enregistrées. Pour un livre identifié comme spoliation nazie, la notice indique trois anciens propriétaires, la date d'entrée dans la bibliothèque (12 mai 1939, enregistrée comme un don), et son retour aux ayants droit en 2013 avant d'être racheté par les héritiers. Ces informations standardisées permettent de rechercher d'autres livres ayant appartenu à la même famille, comme les Von den Velden, dans d'autres bibliothèques. Cependant, la recherche reste complexe et une moteur de recherche centralisé sous forme de thésaurus web serait un progrès majeur. Malgré cela, les bibliothèques sont en avance sur les musées en matière de mise en réseau des données.

Signalement et restitution

Lorsqu'une recherche aboutit à l'identification d'un bien spolié, les bibliothèques le signalent dans leur catalogue (OPAC) et dans une base de données spécialisée comme Lostart. L'objectif est de retrouver les propriétaires légitimes ou leurs héritiers pour leur proposer une restitution ou une solution équitable. La recherche active des ayants droit est essentielle, car ceux-ci ne se manifestent pas toujours spontanément. À Weimar, environ 2 400 livres ont été identifiés comme spoliation nazie, et plusieurs collections importantes ont déjà été restituées. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de justice et de réparation historique.

Deux approches complémentaires

La recherche sur la provenance des livres répond à deux motivations distinctes. D'une part, elle vise à identifier les biens acquis de manière illégitime, notamment pendant la période nazie, la réforme agraire en RDA ou dans des contextes coloniaux. D'autre part, elle intéresse les chercheurs qui souhaitent comprendre l'histoire des objets, leur usage passé et leur circulation. Par exemple, un exemplaire du récit de voyage du Chevalier Chardin vers la Perse (1735) révèle que le livre a été emprunté à plusieurs reprises par des figures historiques comme Goethe, Herder ou Bertuch. Ces données, extraites des registres de prêt historiques, enrichissent la connaissance sur l'usage des collections et leur transmission.

Ce que ça pourrait changer

Traditionnellement, les livres étaient décrits selon leur contenu (mots-clés, classification) ou leurs caractéristiques formelles (auteur, titre, éditeur). La recherche sur la provenance ajoute une *troisième dimension* à cette description, en se concentrant sur l'histoire individuelle de chaque exemplaire ou d'une collection. Par exemple, on peut documenter les emprunts historiques, les marques de propriété (*ex-libris*, inscriptions), les dommages subis (comme l'incendie de 2004 à Weimar) ou les remplacements effectués. Cette approche transforme les livres en objets porteurs d'une *biographie*, offrant une perspective unique sur leur parcours à travers le temps.

Sujets complémentaires