Five missing people found dead as First Nations leaders demand answers in Thunder Bay
The recent deaths have reopened painful questions about policing, systemic racism, and why Indigenous families continue to lose faith in authorities The post Five missing people found dead as First Nations leaders demand answers in Thunder Bay appeared first on Ricochet..
En l’espace d’un mois, les corps de cinq personnes disparues ont été retrouvés dans la région de Thunder Bay, une ville du nord-ouest de l’Ontario au Canada. Parmi elles figuraient Kelsey Anderson, un membre de la Première Nation de Webequie âgé de 36 ans, dont le corps a été repêché dans un canal de la ville le 25 mai 2026. Anderson était venu à Thunder Bay pour une formation professionnelle et avait été vu pour la dernière fois le 9 mai. Le même jour, les recherches ont également permis de localiser le corps de Richard Graham, un homme de 42 ans disparu en juillet 2024, retrouvé pendu à un arbre à 100 mètres d’un pont. Une semaine plus tôt, les dépouilles de Nodin Skunk, 25 ans, et Ashlynn Bottle, 23 ans, tous deux issus de la Première Nation de Mishkeegogamang, avaient été découvertes dans des silos à grains abandonnés. Enfin, le corps de Daniella Nekuliak, une femme de 62 ans non autochtone, avait été retrouvé près d’un lac au nord de la ville fin avril. Ces découvertes ont relancé les inquiétudes sur la gestion des disparitions dans la région.
Les autorités policières locales, représentées par le porte-parole du Thunder Bay Police Service (TBPS), CJ Goater, ont refusé de communiquer des informations détaillées sur les enquêtes en cours. Goater a notamment déclaré que les cas de Graham n’avaient « aucune information disponible concernant une activité d’enquête », tout en qualifiant les quatre autres décès de « questions privées de famille ». Il a également affirmé qu’il n’y avait « aucun risque pour la sécurité publique » dans les cas médiatisés, sans préciser si des actes criminels étaient suspectés. De son côté, le coordinateur des personnes disparues du TBPS, le detective constable Jeff Saunders, a indiqué que le service recevait environ 800 appels pour des disparitions chaque année, un volume jugé « normal » par ses services. Ces déclarations ont été vivement critiquées par les dirigeants autochtones, qui dénoncent un manque de transparence et une minimisation des drames.
La relation entre les forces de police de Thunder Bay et les communautés autochtones est marquée par des décennies de tensions. En 2015, une enquête publique de huit mois avait été menée après la mort de sept jeunes issus de communautés des Premières Nations, tous décédés entre 2000 et 2011 alors qu’ils étudiaient dans des écoles de Thunder Bay. Quatre d’entre eux avaient été retrouvés dans les cours d’eau de la ville. L’enquête avait révélé des lacunes majeures dans les enquêtes policières, qualifiées de « si graves » que les cas auraient dû être rouverts. Ces conclusions avaient conduit à plus de 550 recommandations pour réformer les pratiques policières, notamment en matière de lutte contre le racisme systémique. Pourtant, malgré ces alertes, des rapports ultérieurs ont confirmé la persistance de comportements discriminatoires. Par exemple, en 2018, le conseil de surveillance de la police avait été dissous à deux reprises, la seconde fois après qu’il fut révélé que la police avait enquêté de manière éthiquement douteuse sur son propre président autochtone.
Les dirigeants des Premières Nations, comme le Grand Chef Alvin Fiddler de la Nishnawbe Aski Nation (NAN), qui représente 49 communautés du nord de l’Ontario, expriment une méfiance croissante envers la police. Fiddler a souligné des erreurs graves, comme l’annonce erronée à une famille que leur proche avait été retrouvé, ou encore le manque de coordination avec les équipes de recherche autochtones. Il a notamment cité l’exemple des silos à grains où les corps de Skunk et Bottle ont été découverts : la police avait affirmé le 11 mai 2026 que les recherches y étaient infructueuses, alors que des bénévoles autochtones y ont retrouvé les deux jeunes trois jours plus tard, guidés selon eux par des « esprits ». Fiddler a dénoncé le mépris des autorités envers les connaissances et les traditions autochtones, tout en appelant à une réunion urgente avec la ville, la police et la province pour améliorer les protocoles de recherche.
Les dirigeants autochtones et les élus locaux réclament des mesures concrètes pour éviter de nouvelles disparitions. Sol Mamakwa, député de la circonscription de Kiiwetinoong (qui couvre un tiers du territoire ontarien) et membre de la Première Nation de Kingfisher, a qualifié la situation de « crise » et a demandé une réunion d’urgence au Parlement ontarien. Il a souligné que trois des cinq personnes décédées étaient ses électeurs. De son côté, la ville de Thunder Bay a exprimé sa « sincère préoccupation » pour les familles, tout en réaffirmant son engagement à « renforcer la coordination » avec les partenaires locaux. Cependant, les dirigeants autochtones estiment que ces déclarations ne suffisent pas et exigent des actions immédiates, notamment la mise en œuvre des 550 recommandations issues des enquêtes précédentes. La méfiance envers les institutions locales reste un obstacle majeur à une résolution durable du problème.
Les dysfonctionnements de la police de Thunder Bay ont également donné lieu à des affaires judiciaires. En avril 2026, un *staff sergeant* (grade de sous-officier supérieur) a été condamné à trois ans de prison pour obstruction à la justice et abus de confiance, après avoir mené une perquisition et des arrestations illégales qualifiées de « conduite policière *militamment illégale* » par un juge. Par ailleurs, l’ancienne cheffe de la police Sylvie Hauth est en attente de procès pour avoir prétendument induit en erreur une enquête provinciale. En avril 2026, l’avocat de la police avait été acquitté des mêmes charges. Ces affaires illustrent les tensions persistantes au sein des forces de l’ordre locales et alimentent le scepticisme des communautés autochtones quant à leur capacité à gérer ces dossiers avec impartialité.

