Santé Canada tarde à rappeler des jouets potentiellement contaminés à l’amiante

Des jouets semblables à ceux rappelés ailleurs dans le monde sont encore vendus au Canada.
Résumé
Amiante dans les jouets
L’amiante est un matériau naturel composé de fibres minérales microscopiques, autrefois très utilisé dans la construction pour ses propriétés isolantes et résistantes à la chaleur.
Ces fibres sont dangereuses car, une fois inhalées, elles peuvent provoquer des maladies respiratoires graves comme l’asbestose ou des cancers du poumon.
Depuis la fin de l’année 2024, plusieurs pays ont découvert que des jouets pour enfants, notamment des sables colorés à modeler ou des jouets à presser (squishies), contenaient des traces d’amiante.
Ces jouets, souvent fabriqués en Chine, sont destinés à des enfants dès 3 ans.
Les fibres d’amiante proviennent d’une contamination naturelle des matières premières utilisées, comme le sable de quartz ou des poudres minérales.
Les enfants peuvent mordre ou briser ces jouets, augmentant le risque d’inhalation des fibres.
Rappels internationaux
Entre novembre 2024 et mai 2025, plusieurs pays ont lancé des rappels massifs de jouets contaminés à l’amiante.
En Australie, 22 produits ont été retirés du marché après la détection fortuite d’amiante dans un laboratoire de Brisbane.
Les autorités ont fermé des centaines d’écoles dans tout le pays.
La Nouvelle-Zélande, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les États-Unis ont également émis des alertes sanitaires, rappelant plus de 121 000 jouets à presser aux États-Unis et une vingtaine en France.
Une étude australienne et néo-zélandaise a révélé que 90 % des échantillons de sable dans ces jouets libéraient des fibres d’amiante dans l’air lors de leur utilisation.
En Belgique, une enquête a aussi été ouverte.
Ces rappels concernent principalement des jouets fabriqués en Chine, où les contrôles de qualité sont moins stricts.
Retard du Canada
Au Canada, Santé Canada a publié en mars 2025 un rappel concernant seulement deux produits de l’entreprise Addo Play : les créations d’art en sable et les bougies créatives Out To Impress.
Pourtant, des jouets similaires à ceux rappelés ailleurs dans le monde sont encore en vente libre au Canada, notamment dans des magasins à grande surface ou en ligne.
L’Association pour les victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) critique vivement cette inertie, soulignant que des jouets potentiellement contaminés pourraient se trouver dans des garderies ou des écoles.
Javier Blondal, président de l’AVAQ, insiste sur le risque pour les enfants, les éducateurs et les personnes manipulant ces jouets.
Il rappelle que l’amiante peut causer des maladies respiratoires des années après l’exposition.
Risques et recommandations
Santé Canada affirme n’avoir reçu aucun signalement d’incident lié à l’amiante dans les jouets rappelés ou d’autres produits.
Pourtant, l’AVAQ a identifié des jouets suspects dans des magasins à Montréal et en ligne, dont certains rappelés en France.
Pour limiter les risques, Santé Canada recommande d’arrêter immédiatement d’utiliser les produits rappelés, de les éliminer dans un sac scellé et de nettoyer la zone de jeu avec un linge humide.
Cependant, l’agence ne fournit pas d’informations sur les niveaux d’exposition ou les risques pour la santé à long terme.
L’AVAQ estime que ces mesures sont insuffisantes et demande un rappel plus large, incluant les jouets similaires encore en circulation, notamment dans les lieux accueillant des enfants.
Contexte et enjeux
Le problème des jouets contaminés à l’amiante illustre les défis liés à la mondialisation et aux contrôles de qualité des produits importés.
Les matières premières contaminées proviennent souvent de pays où la réglementation est moins stricte, comme la Chine.
Les jouets à base de sable ou de poudres minérales sont particulièrement concernés, car ils peuvent libérer des fibres d’amiante dans l’air lors de leur utilisation.
En Australie, la fermeture d’écoles a montré l’ampleur du risque, tandis qu’au Canada, l’absence de mesures plus strictes laisse planer un doute sur la sécurité des enfants.
L’AVAQ souligne que les garderies et les centres pour la petite enfance sont des lieux à haut risque, où les enfants sont plus exposés.
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