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Hiroshima, Nagasaki : maintenir la mémoire des bombes atomiques

Alexandre-Reza Kokabi, Émilie Massemin, Laure Noualhat· 6 août 2026

81 ans après le largage des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, la pression de l'arme atomique ne cesse d'augmenter. Reporterre conseille ainsi de s'armer intellectuellement pour maintenir la mémoire de cet événement historique déflagrateur. Quatre-vingt-un ans après le largage des bombes…

Résumé

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Bombes atomiques 1945

Les bombes atomiques larguées sur les villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945 marquent un tournant dans l’histoire militaire et technologique.

Ces deux attaques, menées par les États-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sont les premières et seules explosions nucléaires utilisées à des fins de guerre contre des populations civiles.

La bombe d’Hiroshima, surnommée Little Boy, était une bombe à fission utilisant de l’uranium 235, tandis que celle de Nagasaki, Fat Man, fonctionnait avec du plutonium 239.

Les bombes ont libéré une énergie équivalente à environ 15 000 et 21 000 tonnes de TNT respectivement, provoquant une chaleur extrême, des ondes de choc dévastatrices et une contamination radioactive immédiate et durable.

Les bilans humains sont catastrophiques : environ 140 000 morts à Hiroshima dans les mois suivant l’explosion, et 70 000 à Nagasaki, avec des milliers de survivants souffrant encore aujourd’hui de maladies liées aux radiations.

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Conséquences humaines durables

Les survivants des bombes atomiques, appelés hibakusha au Japon, ont subi des souffrances physiques et psychologiques pendant des décennies.

Les effets des radiations incluent des cancers (leucémie, cancers de la thyroïde, du sein ou des poumons), des malformations congénitales chez les enfants nés après les explosions, et des troubles mentaux liés au traumatisme.

Environ 200 000 hibakusha étaient encore en vie en 2020, selon les autorités japonaises, et leur nombre diminue chaque année.

Beaucoup ont été victimes de discriminations sociales en raison de leur statut, certains employeurs refusant de les embaucher par crainte de problèmes de santé futurs.

Le Japon a mis en place un système de reconnaissance et d’indemnisation pour ces survivants, mais les procédures restent complexes et les montants alloués souvent insuffisants face à l’ampleur des préjudices.

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Mémoire culturelle et symboles

La mémoire des bombes atomiques est entretenue au Japon à travers divers symboles et institutions.

Le Dôme de Genbaku à Hiroshima, seul bâtiment resté debout près de l’épicentre de l’explosion, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996.

Il sert de rappel visuel de l’horreur nucléaire.

À Nagasaki, le Parc de la Paix abrite le musée de la Bombe atomique et une statue de la Prière pour la paix, symbole de résistance et d’espoir.

Chaque année, le 6 août, Hiroshima organise une cérémonie commémorative en présence de représentants internationaux, tandis que le 9 août est marqué à Nagasaki.

Ces événements attirent des milliers de participants et renforcent la mobilisation contre l’arme nucléaire.

Des œuvres d’art, des livres et des films, comme Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, contribuent également à perpétuer cette mémoire.

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Risque actuel de prolifération

Soixante-dix-huit ans après les bombardements, le risque de voir une arme nucléaire utilisée à nouveau reste une préoccupation majeure.

Selon l’Organisation du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), neuf pays possèdent aujourd’hui l’arme atomique : les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël.

En 2023, le stock mondial d’armes nucléaires était estimé à environ 12 500 ogives, dont près de 4 000 déployées et prêtes à l’emploi.

Les tensions géopolitiques, comme la guerre en Ukraine ou les essais nucléaires nord-coréens, alimentent les craintes d’une nouvelle course aux armements.

Des organisations comme l’ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017, militent pour l’interdiction totale de ces armes via un traité international.

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Enjeux de la mémoire aujourd’hui

Maintenir la mémoire des bombes atomiques est devenu un enjeu crucial à l’ère où les générations ayant vécu ces événements disparaissent progressivement.

Des initiatives éducatives, comme les visites guidées dans les musées d’Hiroshima et Nagasaki ou les programmes scolaires japonais, visent à transmettre cette histoire aux jeunes générations.

Des survivants, comme Setsuko Thurlow, survivante d’Hiroshima et militante anti-nucléaire, partagent leur témoignage lors d’événements internationaux pour sensibiliser le public.

Cependant, des défis persistent : la désinformation, la minimisation des risques nucléaires dans les médias, ou encore le manque d’intérêt des jeunes générations pour ces sujets.

Des intellectuels et artistes, comme l’écrivain Kenzaburō Ōe, prix Nobel de littérature, soulignent l’importance de cette mémoire pour éviter que l’histoire ne se répète.

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