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Droit

À Gaza, le cessez-le-feu soulage la faim

ONU : Droit et prévention du crime · mis à jour 19 janv.

Plus de cent jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’aide humanitaire circule à Gaza comme elle ne l’avait plus fait depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Les camions passent, les cuisines communautaires tournent à plein régime, les entrepôts se remplissent à nouveau..

Aide alimentaire massive

Depuis octobre 2023, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fortement augmenté ses distributions à Gaza. Pour la première fois depuis le début du conflit, plus d’un million de Gazaouis reçoivent chaque mois une ration complète incluant de la farine de blé et des boîtes de denrées. Plus de 400 000 repas sont servis quotidiennement dans 45 cuisines communautaires, et des kits de prévention de la malnutrition sont distribués à 200 000 femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’à des jeunes enfants. Ces opérations s’appuient sur une vingtaine d’entrepôts et des centaines de sites de distribution. Cependant, malgré ces efforts, plus des trois quarts de la population (soit environ 1,5 million de personnes) restent en situation d’insécurité alimentaire critique, selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un groupe d’experts indépendants. Plus de 100 000 personnes souffrent même d’une faim dite « catastrophique ». Le PAM souligne que cette dépendance totale à l’aide n’est pas viable à long terme et appelle à restaurer les moyens de subsistance et l’autosuffisance alimentaire.

Réhabilitation partielle

Depuis la trêve entre Israël et le Hamas, plus de 165 000 tonnes de fournitures humanitaires ont pu être acheminées à Gaza. Des routes ont été réparées, des hôpitaux partiellement réhabilités, des gravats dégagés et des points de distribution rouverts. Olga Cherevko, du bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), a souligné que ces résultats prouvent la capacité à livrer des aides lorsque les conditions le permettent. Pourtant, elle met en garde : la crise humanitaire persiste. Pour les Palestiniens de Gaza, la vie reste marquée par le déplacement forcé, les traumatismes, l’incertitude et le manque de ressources. L’hiver aggrave la situation, avec des tempêtes qui détruisent des tentes et des biens, parfois au prix de vies humaines. Les tempêtes sont particulièrement dangereuses, causant l’effondrement de bâtiments ou exposant les enfants vulnérables au froid.

Fragilité des progrès

Les avancées humanitaires à Gaza restent extrêmement fragiles. Moins de 40 % des structures de santé fonctionnent encore, et les fournitures éducatives, cruciales pour des enfants privés d’école depuis deux ans, sont largement bloquées à l’entrée du territoire par les autorités israéliennes. Les produits commerciaux commencent à arriver, mais à des prix inaccessibles pour la majorité des familles, ce qui exclut l’accès à des aliments essentiels comme les fruits, les légumes frais, la viande ou les produits laitiers. La sécurité reste précaire : des frappes aériennes, des tirs d’artillerie et des affrontements armés se poursuivent, avec des victimes civiles presque quotidiennes. Selon l’OCHA, la plupart de Gaza est en ruines et les besoins dépassent largement les capacités d’aide actuelles. Les entraves persistent également : retards aux points de passage, couloirs humanitaires limités et restrictions sur certaines fournitures ou opérations des agences de l’ONU et des ONG internationales.

Ce que ça pourrait changer

Le PAM et l’OCHA s’accordent à dire que la trêve actuelle est indispensable, mais elle ne constitue pas une solution durable. Olga Cherevko a rappelé qu’un cessez-le-feu n’est pas un plan de reconstruction. Pour éviter un retour à une crise humanitaire extrême, plusieurs mesures sont jugées essentielles : le maintien de l’accès humanitaire, l’ouverture durable des points de passage, la sécurisation de nouveaux corridors via la Jordanie et l’Égypte, et la réouverture d’axes clés comme la route Salah ad-Din, principale autoroute de Gaza longue de 45 km reliant Rafah (frontière égyptienne) à Erez (frontière israélienne). Sans ces actions, la pause dans les combats pourrait n’être qu’un répit temporaire avant une nouvelle escalade. Les choix politiques et financiers actuels détermineront si cette trêve ouvre une voie vers la stabilité ou reste un simple calme avant une nouvelle tempête.

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