Fin de cavale pour Neuf Vies, le chat errant qui décimait la faune néo-zélandaise
Traqué depuis trois ans, un chat sauvage a été capturé et tué à la fin du mois de juillet. L’animal, qui avait eu les honneurs d’un documentaire de CNN, est soupçonné d’avoir tué, à lui seul, les trois quarts des “pāteke”, une espèce de canard indigène très rare, relâchés sur la péninsule de Purerua, située sur l’île du Nord..
Neuf Vies était un chat errant, ou haret (un chat domestique retourné à l’état sauvage), devenu une célébrité nationale et internationale après qu’un documentaire lui a été consacré par la chaîne américaine CNN en début d’année 2026. Surnommé ainsi en raison de sa réputation d’insaisissabilité, il a été traqué pendant trois ans par les autorités néo-zélandaises pour son impact dévastateur sur la faune locale. Ce félin est soupçonné d’avoir tué à lui seul les trois quarts des pāteke, une espèce de canard indigène très rare, relâchés sur la péninsule de Purerua, située sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Outre ces canards, Neuf Vies aurait également causé la disparition de poussins de kiwi, de geckos indigènes et d’autres espèces locales, selon les sources citées par The Guardian.
La traque de Neuf Vies a duré trois ans, de 2023 à juillet 2026. Identifié pour la première fois en 2023 grâce à des caméras installées après la découverte de pāteke morts, le chat a résisté à tous les pièges et réapparaissait régulièrement malgré les efforts des autorités. Andrew Mentor, responsable local de la lutte contre les nuisibles, a comparé cette traque à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin, soulignant la difficulté de localiser l’animal. Les conditions météorologiques, la phase de la lune et l’éclairage devaient être parfaits pour que Neuf Vies se trouve au bon endroit au bon moment. Finalement, une équipe a réussi à l’attirer avec des appâts comme du saumon, du poulet frit et du lapin. Le 30 juillet 2026, le chat a été piégé dans une cage puis tué sans souffrir, selon les autorités. Cette capture a suscité des réactions contrastées, certains internautes ayant été horrifiés par sa mort.
La Nouvelle-Zélande abrite environ 2,5 millions de chats errants, qui représentent une menace majeure pour sa faune endémique. Ces animaux, introduits par les colons européens, ont décimé de nombreuses espèces d’oiseaux et de reptiles incapables de se défendre face à des prédateurs aussi efficaces. Le gouvernement néo-zélandais envisage d’éradiquer ces chats errants d’ici à 2050, une mesure controversée qui divise l’opinion publique. Les chats de compagnie, bien que prédateurs eux aussi, ne sont pas concernés par cette politique, car ils jouent un rôle important dans la vie de nombreux habitants. Comme l’a précisé Andrew Mentor, les chats errants n’ont tout simplement pas leur place dans les ngahere (forêts) néo-zélandaises, ces écosystèmes fragiles où la biodiversité est déjà menacée.
La capture de Neuf Vies relance le débat sur la gestion des espèces invasives en Nouvelle-Zélande. Si certains y voient une victoire pour la protection de la faune locale, d’autres critiquent la méthode employée, notamment sur les réseaux sociaux où sa mort a provoqué des réactions émotionnelles. Le pays, connu pour sa biodiversité unique, mise sur des programmes d’éradication comme *Predator Free 2050* pour éliminer les prédateurs introduits et préserver ses espèces endémiques. Cependant, cette approche soulève des questions éthiques et pratiques, notamment sur les moyens utilisés pour atteindre cet objectif. La Nouvelle-Zélande n’est pas le seul pays confronté à ce problème, mais son isolement géographique et son écosystème fragile rendent la situation particulièrement critique.

