Greg Joy revisite son moment de gloire au Stade olympique avec sa fille

Son bond de 2,23 mètres, le soir du 31 juillet 1976, a marqué une génération.
Résumé
Un exploit historique
Le 31 juillet 1976, lors des Jeux olympiques de Montréal, Greg Joy, un athlète canadien de 20 ans, remporte une médaille d’argent au saut en hauteur en franchissant une barre à 2,23 mètres.
Cet exploit, réalisé sous une pluie battante devant 70 000 spectateurs, marque un moment fort des Jeux et propulse Joy au rang d’athlète amateur le plus admiré du Canada.
Le saut en hauteur est une discipline où les athlètes doivent sauter par-dessus une barre horizontale sans la faire tomber, en utilisant une course d’élan et une technique de franchissement.
Joy, qui était son propre entraîneur, avait préparé une liste de 10 consignes, dont une vérification minutieuse de ses crampons en cas de pluie.
Il avait deux types de crampons : des longs, qu’il a utilisés pour ses deux premiers essais ratés à 2,18 mètres, et des courts, avec lesquels il a réussi son dernier saut à 2,23 mètres, évitant ainsi l’élimination.
Un retour symbolique
Cinquante ans après son exploit, Greg Joy revisite le Stade olympique de Montréal avec sa fille Alexandra, qui n’y avait jamais mis les pieds.
Cette visite s’inscrit dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire des Jeux de 1976.
Le Stade olympique, aujourd’hui en travaux pour l’ajout d’un nouveau toit, a été le théâtre d’un moment historique pour le Canada.
Joy et sa fille découvrent une rotonde redécorée avec des photos et anecdotes de l’époque, dont un portrait de Joy célébrant sa médaille.
Ils croisent également Abby Hoffman, ancienne athlète et première Canadienne à porter le drapeau du pays lors d’une cérémonie d’ouverture olympique, le 17 juillet 1976.
Cette rencontre illustre l’héritage durable des Jeux de Montréal, qui ont marqué toute une génération.
Les défis et la stratégie
Greg Joy révèle les détails techniques et psychologiques de sa performance.
Sous la pluie, il avait utilisé des crampons trop longs pour ses deux premiers essais, ce qui a failli lui coûter sa qualification.
Il a finalement opté pour des crampons courts, lui permettant de réussir son saut à 2,23 mètres et d’éviter l’élimination.
Le champion du monde américain Dwight Stones, favori de la compétition, avait critiqué la pluie comme facteur de sa défaite, mais Joy conteste cette interprétation, soulignant que Stones avait déjà remporté des compétitions sous la pluie.
Le Polonais Jacek Wszola a finalement remporté l’or avec un saut à 2,25 mètres.
Joy, lui, a marqué l’histoire en devançant Stones, un exploit qui a eu un impact national durable.
L’impact émotionnel
Lors de la visite au Stade olympique, Greg Joy visionne une vidéo de son saut de 1976.
Il exprime une certaine distance avec l’image du jeune homme qu’il était, déclarant : *« Ce gars-là, ce n’est pas moi… C’est juste un moment dans le temps.
»* Cette remarque reflète son humilité, lui qui a toujours minimisé son exploit malgré son retentissement.
Sa fille Alexandra, émue par les images, fond en larmes en voyant son père acclamé par la foule.
Joy explique que sa popularité soudaine après les Jeux, notamment lors de la diffusion quotidienne de son saut à la télévision, l’a surpris.
Il souligne que cette notoriété était « inhabituelle » et « un peu exagérée », tout en reconnaissant l’impact de son exploit sur les Canadiens.
Une carrière et un héritage
Greg Joy n’a participé qu’une seule fois aux Jeux olympiques en raison de blessures et du boycott canadien des Jeux de Moscou en 1980.
Son record personnel, établi en 1978 lors des Championnats du monde en salle, est de 2,31 mètres, un record du monde à l’époque.
Après sa carrière sportive, il a travaillé comme arbitre au Tribunal administratif du logement en Ontario pendant 35 ans.
Malgré sa retraite, son saut de 1976 reste son moment le plus marquant.
Il considère avoir eu la chance de vivre un instant unique, déclarant : *« On ne peut reproduire cela.
Ça n’arrive qu’une fois dans une vie.
»* Pour lui, la médaille d’argent a eu un impact aussi fort que l’or sur les Canadiens, et il en est fier.
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