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Après António Guterres, y a-t-il quelqu'un pour sauver l'ONU ?

France Culture - Savoirs· 30 juillet 2026
Après António Guterres, y a-t-il quelqu'un pour sauver l'ONU ?

Quel rôle pour les Nations Unies ? La question se pose alors que l’ONU entame le processus de désignation de son prochain secrétaire général. Aura-t-il ou aura-t-elle les moyens de redonner du poids à cette institution, après une décennie marquée par le recul du multilatéralisme ?

Résumé

1

ONU en quête de nouveau leader

L'Organisation des Nations Unies (ONU) est en pleine transition avec le départ d'António Guterres, son secrétaire général depuis 2017.

Le processus de désignation de son successeur ou de sa successeure est en cours, dans un contexte marqué par un affaiblissement du multilatéralisme, c'est-à-dire la coopération entre plusieurs États pour résoudre des problèmes communs.

Depuis une décennie, l'ONU fait face à des défis croissants : montée des nationalismes, tensions géopolitiques et crises internationales non résolues.

Le nouveau dirigeant ou la nouvelle dirigeante devra donc relever un défi majeur : redonner du poids à une institution souvent critiquée pour son manque d'efficacité et son incapacité à imposer ses décisions face aux puissances mondiales.

2

Bilan mitigé de Guterres

António Guterres, ancien Premier ministre portugais et haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a marqué son mandat par des efforts pour moderniser l'ONU et répondre aux crises humanitaires.

Cependant, son action a été limitée par des divisions persistantes entre les 193 États membres, notamment entre les grandes puissances comme les États-Unis, la Chine et la Russie.

Malgré des initiatives comme l'Accord de Paris sur le climat ou des appels répétés à la paix en Ukraine, l'ONU a souvent été contournée par des alliances régionales ou des actions unilatérales.

Par exemple, les veto au Conseil de sécurité, mécanisme permettant à cinq pays permanents (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) de bloquer des résolutions, ont paralysé l'organisation à plusieurs reprises.

3

Défis pour le futur secrétaire général

Le prochain secrétaire général de l'ONU devra affronter plusieurs défis majeurs.

D'abord, restaurer la crédibilité de l'organisation face à la montée des tensions internationales, comme la guerre en Ukraine ou les conflits au Moyen-Orient.

Ensuite, répondre aux crises humanitaires aggravées par le changement climatique, avec plus de 100 millions de personnes déplacées dans le monde en 2026.

Enfin, moderniser une institution souvent perçue comme bureaucratique et lente, en améliorant sa capacité à agir rapidement et à mobiliser les États membres.

Le processus de sélection, qui implique des négociations entre pays, pourrait privilégier un profil capable de rassembler plutôt qu'un candidat issu d'une grande puissance, pour éviter les blocages.

4

Rôle des experts dans le débat

Dans le cadre du podcast Questions du soir : le débat diffusé le 30 juillet 2026, trois experts ont apporté leur analyse sur l'avenir de l'ONU.

Juliette Alibert, avocate spécialisée en droit international, a souligné l'importance de renforcer le rôle du droit international pour limiter les conflits.

Arthur Dauphin, conseiller en santé numérique, a mis en avant l'urgence d'une réponse coordonnée aux crises sanitaires mondiales, comme la pandémie de COVID-19.

Enfin, Pierre-Antoine Gourraud, professeur en biologie cellulaire, a insisté sur la nécessité d'utiliser les données pour éclairer les décisions politiques et améliorer l'efficacité de l'ONU.

Leur intervention reflète la diversité des enjeux auxquels l'organisation doit faire face.

5

Perspectives d'avenir incertaines

L'avenir de l'ONU dépendra largement de la capacité de son prochain dirigeant à convaincre les États membres de coopérer malgré leurs divergences.

Certains observateurs craignent que l'organisation ne devienne un simple forum de discussion, sans pouvoir d'action réel.

D'autres, plus optimistes, estiment qu'elle reste un outil indispensable pour aborder les défis globaux, comme le changement climatique ou les migrations.

Le choix du successeur d'António Guterres, prévu pour la fin de l'année 2026, sera donc crucial.

Il pourrait marquer un tournant dans l'histoire de l'ONU, soit en la renforçant, soit en accélérant son déclin face à la montée des logiques nationales.

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