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Société

Les revenus du patrimoine : une ressource réservée aux très riches

Observatoire des Inégalités · mis à jour 30 juin

Pour l'immense majorité des Français, 95 % des revenus proviennent du travail. Les revenus du patrimoine sont concentrés aux mains du 1 % le plus riche.

Revenus du travail dominants

Pour la grande majorité des Français, les revenus proviennent presque exclusivement du travail, qu'il s'agisse d'un salaire, d'une activité professionnelle ou d'une pension de retraite. Selon les estimations de l'Institut des politiques publiques (IPP) pour l'année 2025, les revenus du travail représentent en moyenne 95 % des revenus avant impôts et prestations sociales pour les personnes situées entre le 14e et le 60e centième de la population, classée des plus pauvres aux plus riches. Cette proportion reste stable même pour les personnes plus aisées : elle est de 92 % au 90e centième, 86 % au 98e centième et 82 % pour l'avant-dernier centième. Seuls les 1 % les plus riches se distinguent, avec 64 % de leurs revenus issus du travail. Le travail reste donc la principale source de revenus pour la quasi-totalité de la population, y compris dans les tranches supérieures de revenus.

Revenus du patrimoine croissants

Les revenus du patrimoine, qui incluent les revenus d'actions, d'obligations ou les loyers perçus, augmentent à la fois en montant et en proportion à mesure que l'on monte dans l'échelle des niveaux de vie. Pour le 90e centième, ces revenus représentent en moyenne 8 % des revenus totaux, soit environ 4 000 € par an, l'équivalent de près de trois mois de SMIC. Cette part progresse ensuite rapidement : elle atteint 36 % pour le dernier centième. Parmi ces ultra-riches, certains perçoivent des dividendes élevés, notamment ceux qui détiennent des parts dans des entreprises. Les revenus financiers sont aussi concentrés que le patrimoine financier lui-même, ce qui signifie qu'une infime partie de la population en bénéficie de manière disproportionnée.

Ultra-riches : revenus mixtes

Au sein du 1 % le plus riche (99e centième), les revenus proviennent à la fois du travail et du patrimoine. Contrairement à l'image du rentier, ces personnes cumulent souvent des rémunérations très élevées et des revenus financiers. Par exemple, les PDG en France perçoivent en moyenne une rémunération équivalente à celle de 100 smicards, à laquelle s'ajoutent les revenus du capital qu'ils détiennent dans leur entreprise ou d'autres sociétés. Pour les personnes situées dans le dernier centième, les revenus financiers moyens s'élèvent à 85 000 € par an, un montant supérieur aux revenus du travail de 99 % de la population. Cependant, ces ultra-riches perçoivent également des revenus du travail très élevés, en moyenne 140 000 € par an. Leur situation illustre la combinaison de revenus élevés issus à la fois du travail et du patrimoine.

Ce que ça pourrait changer

Les revenus du patrimoine sont aussi inégalement répartis que le patrimoine lui-même. Les données montrent que les revenus financiers sont concentrés entre les mains d'une très petite partie de la population. Par exemple, les dividendes versés par les entreprises sont principalement perçus par quelques dizaines de milliers de personnes. Cette concentration s'explique par le fait que les plus riches détiennent davantage d'actifs financiers, comme des actions ou des obligations, qui génèrent des revenus passifs. Ainsi, les revenus du capital renforcent les inégalités économiques, car ils permettent aux plus aisés d'accumuler encore plus de richesse, tandis que la majorité de la population dépend presque exclusivement de ses revenus du travail.

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