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Voies qui « flambent », caténaires dilatées… Pourquoi les retards de train se multiplient pendant la canicule

Erwan Manac'h· 3 juillet 2026

Le week-end de départs en vacances est placé sous la menace de nouvelles perturbations liées à la chaleur, de l'aveu du PDG de la SNCF lui-même. Manque d'investissement ou aléas inévitables ? Reporterre fait le point. Un million de voyageurs doivent embarquer le week-end des 4 et 5 juillet à bord d…

Résumé

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Canicule et rails

La chaleur intense, comme celle qui frappe la France en été, affecte directement les infrastructures ferroviaires.

Les rails en acier, qui se dilatent sous l’effet de la température, peuvent se déformer et se courber, ce qu’on appelle un flambage thermique.

Ce phénomène survient lorsque la température dépasse 30°C, mais il devient critique au-delà de 40°C.

Les rails ne sont pas conçus pour supporter des températures aussi élevées sans mesures d’adaptation.

En France, le réseau ferroviaire compte environ 30 000 kilomètres de voies, et leur maintenance est assurée par la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

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Caténaires et dilatation

Les caténaires, ces câbles aériens qui alimentent les trains en électricité, sont également sensibles à la chaleur.

Elles se dilatent sous l’effet des températures élevées, ce qui peut entraîner des tensions excessives ou des affaissements.

Ces câbles, tendus à une hauteur précise au-dessus des rails, doivent maintenir une distance constante avec le pantographe, un dispositif situé sur le toit des trains qui capte l’électricité.

Lorsque les caténaires se déforment, le contact électrique peut être rompu, provoquant des interruptions de courant et des retards.

En 2022, la SNCF a enregistré une hausse de 20 % des perturbations liées à la chaleur par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

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Ralentissements obligatoires

Pour limiter les risques, la SNCF impose des ralentissements préventifs lorsque les températures dépassent 35°C.

Ces mesures visent à réduire la vitesse des trains, car un rail ou une caténaire déformée peut casser sous la pression d’un train roulant à pleine vitesse.

Par exemple, en juillet 2019, lors d’une canicule où les températures ont atteint 46°C dans certaines régions, la vitesse maximale autorisée a été abaissée à 160 km/h sur certaines lignes, contre 220 km/h habituellement.

Ces ralentissements entraînent des retards, car les trains mettent plus de temps à parcourir les mêmes distances.

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Maintenance et coûts

La maintenance des voies ferrées en période de canicule est coûteuse et complexe.

Les équipes de la SNCF doivent surveiller en permanence les rails et les caténaires, parfois en utilisant des drones équipés de caméras thermiques pour détecter les zones à risque.

En 2023, l’entreprise a investi 50 millions d’euros dans des travaux de renforcement des infrastructures pour mieux résister à la chaleur.

Pourtant, ces investissements ne suffisent pas toujours à éviter les perturbations, car les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses en raison du changement climatique.

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Changement climatique

Le réchauffement climatique aggrave la situation.

Selon Météo-France, le nombre de jours de canicule en France a été multiplié par trois depuis les années 1980.

Les scientifiques estiment que, d’ici 2050, les températures pourraient dépasser 45°C dans certaines régions, rendant les ralentissements encore plus fréquents.

Les infrastructures ferroviaires, conçues pour des climats tempérés, ne sont pas adaptées à ces nouvelles conditions.

En 2022, la SNCF a enregistré 1,2 million de minutes de retard attribuables à la chaleur, un chiffre en hausse constante depuis 2015.

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