L’été est la saison la plus difficile quand on vit à l’étranger
La fermeture des écoles, les départs d’amis et les retours au pays font de l’été une période particulièrement délicate pour les expatriés. “The Copenhagen Post” et “The Irish Times” décryptent ce phénomène.
Résumé
L'été, saison difficile
L'été représente une période particulièrement éprouvante pour les personnes vivant à l'étranger.
Selon Sidsel Byskov Hansen, consultante en bien-être pour plus de 20 écoles internationales, cette saison se caractérise par la fermeture des établissements scolaires et le départ des amis expatriés, souvent définitif.
Ce phénomène peut provoquer un sentiment de solitude et de déracinement accru, rendant le pays d'accueil à nouveau étranger et déstabilisant.
Hansen évoque le syndrome d'Ulysse, un concept développé par le psychiatre Joseba Achotegui pour décrire le stress chronique lié aux séparations, aux pertes et à l'adaptation permanente vécues par les migrants.
Ce stress peut affecter le système nerveux et rendre la période estivale particulièrement difficile à supporter.
Syndrome d'Ulysse expliqué
Le syndrome d'Ulysse est un terme utilisé en psychologie pour désigner un état de stress prolongé causé par des situations de migration ou d'expatriation.
Ce concept a été formalisé par le psychiatre Joseba Achotegui, qui souligne que les migrants subissent des pertes multiples : éloignement de leur famille, de leur culture d'origine, et adaptation constante à un nouvel environnement.
Ces pertes peuvent générer un sentiment de deuil permanent, comparable à celui vécu par le héros mythologique Ulysse, séparé de son foyer pendant des années.
Pour les expatriés, l'été aggrave ce syndrome en accentuant la disparition temporaire des repères sociaux et amicaux, rendant le quotidien plus difficile à gérer.
L'été, aussi un moment de sérénité
Malgré les difficultés, l'été peut également offrir une opportunité de ralentissement et de reconnexion avec soi-même pour les expatriés.
Sidsel Byskov Hansen suggère que cette période, plus calme et moins exigeante socialement, peut devenir un moment de sérénité et de lenteur agréable.
Plutôt que de subir passivement les changements, les expatriés pourraient ainsi transformer cette saison en une parenthèse bénéfique, leur permettant de se recentrer sur leurs besoins et leurs envies.
Cette vision positive contraste avec les défis évoqués précédemment, montrant que l'expérience de l'expatriation peut aussi être une source de croissance personnelle.
Expatriation et identité
L'expatriation ne se limite pas à un simple changement de lieu : elle agit comme un révélateur de nouvelles facettes de soi.
Laura Kennedy, journaliste ayant vécu dans plusieurs pays (Limerick, Londres, Australie), décrit cette expérience comme un processus de remodelage de l'identité.
Chaque nouveau contexte, qu'il s'agisse du climat, de la culture ou de la communauté, pousse l'expatrié à se réinventer pour s'adapter à son environnement.
Ce phénomène peut être déstabilisant, car il oblige à abandonner des parties de soi pour en adopter de nouvelles, parfois en contradiction avec ce que l'on était auparavant.
Le retour, plus difficile que le départ
Contrairement aux idées reçues, le retour au pays d'origine après une expatriation est souvent plus perturbant que le départ lui-même.
Laura Kennedy explique que ce retour peut faire ressurgir un fantôme de la personne que l'on était avant de partir, dans des lieux familiers mais devenus étranges.
Les relations sociales évoluent, les paysages changent, et l'ancien soi semble inaccessible.
Ce trouble, difficile à exprimer, peut être perçu à tort comme du regret ou de l'ingratitude, ce qui pousse souvent les expatriés à minimiser leurs difficultés, répondant simplement que « tout va bien » à leur entourage.
Retour : perte et gain
Le retour après une expatriation peut évoquer une double émotion, à la fois de perte et de gain.
Ingrid Therwath, experte en expatriation, souligne que ce sentiment est complexe et troublant : on peut perdre des repères, des relations ou une partie de son identité, tout en gagnant en expérience et en maturité.
Ce paradoxe rend le retour particulièrement difficile à vivre, car il confronte l'expatrié à une réalité à la fois nostalgique et déstabilisante.
Le fait que ce trouble reste un sujet tabou dans la société rend son expression encore plus difficile, renforçant le sentiment d'isolement des personnes concernées.
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