Attentat à Monaco: la principale suspecte retrouvée morte, un agent du renseignement ukrainien arrêté
L'affaire prend une tournure spectaculaire après l'exécution d'Anastasia Berezovska et les aveux d'un officier du HUR, qui affirme avoir agi sans l'accord de sa hiérarchie.
Résumé
Affaire d'espionnage à Monaco
Une affaire complexe mêlant espionnage, attentat et corruption secoue Monaco et l'Ukraine depuis plusieurs jours.
Le 9 juillet 2026, le Financial Times révèle les détails d'une tentative d'assassinat contre Vadim Ermolaev, un homme d'affaires ukrainien de 55 ans, blessé dans l'explosion d'un colis piégé à Monaco.
Cet attentat a également touché deux autres personnes.
L'enquête a permis d'identifier Anastasia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans, comme principale suspecte.
Elle aurait agi en se déguisant en homme pour déposer l'engin explosif avant de fuir vers l'Ukraine via plusieurs pays européens.
Berezovska a été retrouvée morte à Kiev le 8 juillet 2026, avec des blessures par balles à la tête, suggérant une exécution.
Deux suspects, dont un officier en activité du HUR (service de renseignement militaire ukrainien), ont été arrêtés et ont reconnu les faits, affirmant avoir agi sans l'accord de leur hiérarchie.
Rôle des services secrets
L'officier du HUR (Hauptnoe Verwaltung des Aufklärung, en ukrainien), un service de renseignement militaire ukrainien réputé pour ses opérations clandestines derrière les lignes ennemies, a joué un rôle central dans cette affaire.
Il a reconnu avoir agi de sa propre initiative pour commettre l'attentat, en collaboration avec un ancien membre des forces de l'ordre.
Il a également admis avoir transféré de l'argent à Berezovska via des comptes bancaires et des cryptomonnaies, sans informer sa hiérarchie.
Cette révélation soulève des questions sur l'existence d'un fonctionnement parallèle au sein des structures sécuritaires ukrainiennes ou sur un éventuel sacrifice de l'officier pour protéger ses supérieurs.
Le HUR a déjà été associé à plusieurs assassinats ciblés depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, ce qui ajoute une dimension controversée à cette affaire.
Contexte politique et économique
Vadim Ermolaev, la cible de l'attentat, est un oligarque ukrainien ayant fait fortune dans les années 1990 et 2000.
Il a renoncé à la nationalité ukrainienne en 2017, invoquant un manque de confiance dans le système judiciaire et fiscal de son pays.
Depuis 2023, il fait l'objet de sanctions de la part du gouvernement ukrainien, qui le soupçonne de blanchiment d'argent et de versements au profit de la Russie.
Cette affaire survient dans un contexte où l'Ukraine candidate à l'adhésion à l'Union européenne, un processus où la lutte contre la corruption et le crime organisé est un critère essentiel.
L'arrestation d'un officier du HUR et la révélation de transferts d'argent non autorisés pourraient donc embarrasser Kiev, notamment en raison des exigences européennes en matière de transparence et de bonne gouvernance.
Découverte macabre et enquête
Lors de la perquisition au domicile de l'ancien policier arrêté, les autorités ukrainiennes ont découvert un sous-sol aménagé comme une salle de torture, équipé d'outils tranchants et d'une bâche.
Cette découverte suggère que les suspects pourraient avoir été impliqués dans d'autres activités illégales.
Anastasia Berezovska, recherchée par Monaco via une Notice Rouge d'Interpol émise le 3 juillet 2026, a été retrouvée morte à Kiev, ce qui prive les enquêteurs d'une version des faits.
Les autorités ukrainiennes affirment coopérer étroitement avec Monaco et ont transmis toutes les informations disponibles.
L'enquête se poursuit pour déterminer l'étendue des responsabilités et les motivations derrière cet attentat, dans un contexte géopolitique déjà tendu en raison de la guerre en Ukraine.
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