« Nous appelons Emmanuel Macron à soutenir le dispositif My Voice, My Choice qui garantirait le droit à l’avortement en Europe »
Un collectif d’artistes, d’écrivaines, de chercheuses et de militantes appelle le président de la République à soutenir le dispositif examiné par la Commission européenne d’ici au 25 février. Il doit permettre aux Européennes qui n’ont pas accès à l’avortement dans leur pays de se rendre dans un autre Etat membre volontaire pour y avoir recours..
Un collectif de plus de 1,2 million d’Européennes et Européens, composé d’artistes, d’écrivaines, de sportives, de chercheuses et de militantes, demande à Emmanuel Macron, président de la République française, de soutenir officiellement le dispositif My Voice, My Choice [Ma voix, mon choix]. Cette initiative citoyenne européenne vise à garantir l’accès à l’avortement pour toutes les personnes résidant dans l’Union européenne (UE), quel que soit leur pays d’origine. Le collectif souligne que cette mesure répondrait à une exigence de justice sociale en assurant l’égalité d’accès à l’avortement, indépendamment des ressources financières des individus.
My Voice, My Choice est une proposition législative européenne conçue pour permettre aux 20 millions de personnes en Europe qui ne peuvent pas avorter dans leur pays de se rendre dans un autre État membre où l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est légale et sécurisée. Ce dispositif introduirait un mécanisme financier européen couvrant les frais liés à l’avortement, actuellement à la charge des patientes. L’objectif est de rendre l’IVG accessible, sûre et légale pour toutes, en s’appuyant sur les législations nationales des pays volontaires. Cette initiative pourrait devenir l’une des avancées les plus significatives en matière de santé sexuelle et reproductive au sein de l’UE.
L’accès à l’avortement varie considérablement selon les pays européens. À Malte, l’IVG n’est autorisée qu’en cas de danger vital pour la mère ou de non-viabilité du fœtus. En Pologne, bien que légalement possible en cas de viol ou de risque pour la vie de la mère, les praticiens refusent souvent de pratiquer l’avortement par crainte de sanctions. En Hongrie, les femmes sont contraintes d’écouter les battements de cœur du fœtus avant une IVG. En Italie, 70 % des médecins invoquent l’objection de conscience pour refuser de réaliser des IVG, et les groupes anti-avortement ont désormais accès aux centres de consultation familiale. Ces disparités illustrent les obstacles persistants à l’accès à l’avortement en Europe.
Au-delà d’une question de santé publique, le dispositif *My Voice, My Choice* porte une dimension de justice sociale. Il vise à garantir l’universalité des droits humains en permettant à toutes les personnes de bénéficier d’un avortement légal et sécurisé, sans discrimination liée à leur situation financière ou à leur lieu de résidence. Cette initiative réaffirme le principe selon lequel l’accès à l’IVG doit être un droit fondamental, protégé et accessible à toutes, indépendamment des inégalités entre les pays européens. Le collectif met en avant l’urgence d’agir pour corriger ces disparités et renforcer la protection des droits des femmes en Europe.

