Piqué par une tique au parc La Fontaine en plein cœur de Montréal

Un Montréalais est revenu d'un pique-nique au parc La Fontaine avec une morsure de tique.
Résumé
Une piqûre inattendue
Thomas Chenel, un Montréalais, a contracté la maladie de Lyme après avoir été piqué par une tique lors d’un pique-nique au parc La Fontaine.
Il n’a pas pris de précautions car il ignorait que les tiques pouvaient transmettre cette maladie dans un parc urbain.
Les symptômes sont apparus quelques jours plus tard : démangeaisons, raideur au cou, fatigue intense, étourdissements et douleurs articulaires aux hanches et aux genoux.
Comme la tique est restée fixée plusieurs jours, il n’a pas pu bénéficier d’un traitement antibiotique préventif immédiat.
La maladie de Lyme est une infection bactérienne transmise par la piqûre de tiques infectées, appelée Ixodes scapularis ou tique à pattes noires.
Elle provoque des symptômes variés, dont de la fièvre, des éruptions cutanées, des maux de tête et des douleurs articulaires.
Si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des complications graves comme une paralysie du visage.
Montréal en zone à risque
Le territoire de Montréal est considéré comme une zone endémique pour la maladie de Lyme depuis 2024, ce qui signifie que la présence de tiques infectées y est confirmée.
En 2021, seule la partie ouest de l’île était concernée, mais depuis 2024, toute l’île est touchée.
Le Dr Nicolas Sheppard-Jones, responsable médical du Service des urgences sanitaires en maladies infectieuses à la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal, précise que le risque est lié à l’exposition à la végétation où vivent les tiques.
En 2025, 161 cas de maladie de Lyme ont été déclarés à Montréal, un record depuis le début des relevés.
Parmi ces cas, 38 % ont été contractés sur place, les autres l’ayant été lors de sorties en plein air dans d’autres régions à risque.
L’Estrie reste la région la plus touchée au Québec, mais Montréal connaît une hausse significative des cas.
Extension géographique
La présence des tiques à pattes noires s’étend dans plusieurs régions du Québec en raison des changements climatiques.
Les tiques sont très sensibles à la température : des étés plus longs et chauds, ainsi que des hivers plus doux, favorisent leur survie et leur propagation vers le nord.
Selon la Dre Geneviève Baron, médecin spécialiste en santé publique en Estrie, l’épicentre de la maladie de Lyme se situe en Estrie et en Montérégie, mais la zone à risque s’étend désormais au nord du fleuve Saint-Laurent et vers l’est, jusqu’à la Capitale-Nationale.
En 2026, les régions touchées incluent l’Outaouais, les Laurentides, Lanaudière, la Mauricie, le Centre-du-Québec, la Capitale-Nationale, le Grand Montréal, la Montérégie et l’Estrie.
Les projections de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) estiment que d’ici 2050, des régions comme le Saguenay et la Gaspésie pourraient aussi devenir des zones à risque, en fonction des scénarios climatiques.
Autre infection transmise
La tique à pattes noires peut aussi transmettre une autre infection bactérienne, appelée anaplasmose.
Cette maladie se manifeste par des symptômes similaires à ceux d’une grippe, comme de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des maux de gorge et parfois des troubles gastro-intestinaux.
Si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des complications graves, voire des problèmes neurologiques.
Le nombre de cas d’anaplasmose reste bien inférieur à celui de la maladie de Lyme, mais il augmente.
Les régions les plus touchées sont celles où la présence de tiques est déjà importante, comme la MRC de Brome-Missisquoi et La Haute-Yamaska en Estrie.
Les mesures de prévention pour éviter l’anaplasmose sont identiques à celles recommandées pour la maladie de Lyme.
Prévention et bonnes pratiques
Les spécialistes insistent sur l’importance de maintenir des activités en plein air tout en adoptant des mesures de prévention pour réduire les risques de piqûres de tiques.
La Dre Geneviève Baron souligne qu’il ne faut pas avoir peur de sortir, mais qu’il est essentiel de se protéger.
Pour limiter les risques, il est recommandé de porter des vêtements longs de couleur claire pour faciliter le repérage des tiques, d’appliquer des insectifuges à base de DEET ou d’icaridine, et d’éviter tout contact direct avec la végétation.
Après une sortie en extérieur, il faut inspecter minutieusement son corps, en portant une attention particulière aux zones difficiles d’accès comme le dos, l’arrière des oreilles et le creux des genoux.
Il est aussi conseillé de laver ses vêtements à haute température et de prendre une douche dans les deux heures suivant l’activité.
En cas de piqûre, il faut retirer la tique rapidement à l’aide d’une pince plate, sans l’écraser, car la bactérie responsable de la maladie de Lyme met généralement plus de 24 heures à être transmise.
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