Québec retarde la publication des nouvelles cartes des zones à risque d’inondation

Les nouvelles cartes devaient être publiées le 1er août.
Résumé
Retard des cartes
La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe la majorité de la population du Québec, a travaillé depuis 2019 à moderniser les cartes des zones inondables sur son territoire.
Ces nouvelles cartes, couvrant des secteurs comme la rivière des Mille Îles ou le fleuve Saint-Laurent, devaient être publiées le 1er août 2026.
Cependant, le ministère de l’Environnement du Québec a reporté cette publication sans donner de raison précise, malgré l’achèvement des travaux.
Denis Martin, maire de Deux-Montagnes et membre du comité exécutif de la CMM, a exprimé sa déception, soulignant que ces cartes étaient prêtes depuis longtemps et avaient même été prépubliées en 2024.
Ce retard crée de l’incertitude pour les citoyens, qui ignorent s’ils vivent dans une zone à risque d’inondation.
Nouveau cadre réglementaire
En 2024, le gouvernement du Québec a adopté un nouveau cadre réglementaire pour les zones inondables, justifié par l’ampleur des changements climatiques.
Ce cadre introduit une classification plus fine des risques, remplaçant les anciennes catégories basées sur des cotes de récurrence (0-20 ans ou 20-100 ans).
Les nouvelles cartes doivent désormais utiliser cinq niveaux de risque : faible, modéré, élevé, très élevé et protégé à risque résiduel.
Chaque niveau est associé à une couleur pour une meilleure lisibilité.
Par exemple, une zone classée protégée à risque résiduel est située derrière des ouvrages de protection (digues, bassins de rétention) répondant aux normes gouvernementales.
Ces ouvrages, comme ceux construits par 11 municipalités de la CMM, pourraient voir leur efficacité reconnue officiellement si les cartes étaient publiées.
Conséquences pour les citoyens
Le report de la publication des nouvelles cartes a des répercussions concrètes pour les habitants des zones concernées.
Une modification de la classification de risque peut influencer la valeur des propriétés, le coût des assurances habitation ou encore le prix d’un emprunt hypothécaire.
Par exemple, un quartier passant d’un risque élevé à protégé à risque résiduel grâce à des ouvrages de protection pourrait voir sa cote s’améliorer.
Denis Martin a souligné que ces installations, dont les plans ont été approuvés par les gouvernements, n’ont pas encore été officiellement reconnues en raison du retard.
Les citoyens attendent donc ces cartes pour connaître leur exposition réelle aux inondations et adapter leurs décisions immobilières ou financières.
Enjeux politiques et temporels
Le calendrier de publication des cartes coïncidait avec les élections provinciales prévues en 2026.
Denis Martin a exprimé son inquiétude quant à un possible report supplémentaire en cas de changement de gouvernement, car un nouveau ministre devrait prendre le temps de se familiariser avec le dossier.
La CMM espérait que la publication aurait lieu avant les élections pour que le gouvernement sortant puisse poursuivre les démarches.
Le ministère de l’Environnement, dirigé par Pascale Déry, n’a pas répondu aux demandes d’explications de la Presse canadienne au moment de la publication de l’article.
Ce retard s’ajoute à d’autres retards dans la mise en œuvre de la nouvelle cartographie, comme le refus de certaines MRC (municipalités régionales de comté) de créer des cartes sans nouvelle entente avec Québec.
Anciennes cartes obsolètes
Actuellement, les cartes disponibles sur le portail du gouvernement du Québec sont désuètes et peu précises.
Elles ne reflètent pas les réalités actuelles, notamment en raison des changements climatiques qui modifient les risques d’inondation.
Ces anciennes cartes posent problème aux municipalités, qui doivent répondre aux interrogations des citoyens sur leur exposition aux inondations.
Par exemple, les cartes actuelles ne permettent pas de distinguer les zones protégées par des ouvrages de celles qui restent vulnérables.
La CMM et les municipalités attendent donc avec impatience la publication des nouvelles cartes, qui devraient apporter plus de clarté et de précision pour les 1,5 million d’habitants de la région métropolitaine de Montréal.
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