Qui décide vraiment à Téhéran aujourd’hui ?
Trois factions se disputent le contrôle du régime iranien. Une cartographie à chaud. L’article Qui décide vraiment à Téhéran aujourd’hui ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.
Résumé
Trois factions au pouvoir
En juillet 2026, le pouvoir iranien est divisé entre trois groupes principaux qui s’affrontent pour influencer les décisions du régime.
Le premier groupe, dirigé par le Corps des gardiens de la révolution islamique (une force militaire d’élite iranienne) et son commandant Ahmad Vahidi, est le plus puissant.
Il exige que tout accord avec les États-Unis reconnaisse un contrôle total de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman.
Le second groupe, autour du président Pezechkian, du ministre des Affaires étrangères Araghchi et du président du Parlement Ghalibaf, est prêt à accepter un contrôle moins strict du détroit en échange de la levée des sanctions économiques américaines.
Le troisième groupe, le Front pour la stabilité de la révolution islamique (ou Front Paydari), refuse catégoriquement toute négociation avec les États-Unis.
Mené par des figures comme Saïd Jalili, il prône une ligne dure, incluant le développement du programme nucléaire et l’opposition militaire à Israël.
Contexte de guerre ouverte
Les négociations entre l’Iran et les États-Unis se déroulent dans un contexte de guerre ouverte, marquée par des tensions militaires croissantes.
Depuis le 28 février 2026, l’Iran subit un blocus maritime imposé par les États-Unis, ainsi que des destructions d’infrastructures causées par des frappes américaines et israéliennes.
Ces mesures ont aggravé les difficultés économiques déjà présentes avant le conflit.
Par exemple, les projets d’oléoducs lancés par des pays du Golfe, comme les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite, visent à contourner le détroit d’Ormuz pour réduire la dépendance à cette voie maritime.
Ces projets pourraient limiter à long terme la capacité de l’Iran à utiliser ce détroit comme levier de pression.
Pressions internes et externes
Le régime iranien fait face à des pressions internes et externes qui pourraient l’obliger à faire des compromis.
Sur le plan interne, des manifestations ont repris le 28 juillet 2026 à Malekshahr, dans la province d’Ispahan, pour protester contre des exécutions de manifestants.
Ces mouvements de contestation, réprimés en janvier 2026, montrent un mécontentement croissant face à la situation économique et politique.
Par ailleurs, le régime doit gérer des conflits avec des groupes armés, comme les insurgés kurdes dans le nord-ouest du pays.
Aux États-Unis, l’administration Trump a tenté d’exacerber ces tensions en soutenant des factions kurdes basées en Irak pour ouvrir un nouveau front contre l’Iran.
Stratégie du détroit d’Ormuz
Le contrôle du détroit d’Ormuz reste un enjeu central pour l’Iran, car il lui permet de peser sur les échanges énergétiques mondiaux.
En effet, environ 20 % du pétrole mondial transite par ce détroit, ce qui en fait un point de passage vital pour de nombreux pays, dont les États-Unis et la Chine.
Cependant, cette stratégie pourrait être remise en cause par des alternatives développées par d’autres pays de la région.
Par exemple, les Émirats arabes unis prévoient de construire deux terminaux maritimes à Fujaïrah, tandis que l’Irak et l’Arabie saoudite modernisent leurs oléoducs pour contourner le détroit.
Ces projets pourraient réduire l’influence de l’Iran sur le commerce mondial du pétrole et affaiblir son levier de négociation.
Projets d’oléoducs concurrents
Plusieurs pays du Golfe investissent dans des infrastructures pour réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz.
Les Émirats arabes unis, via l’entreprise DP World, ont annoncé un projet de deux terminaux maritimes à Fujaïrah, un port situé à l’est du détroit.
L’Irak, en collaboration avec l’entreprise américaine Chevron, envisage de réactiver un réseau d’oléoducs reliant ses gisements du sud à la ville de Kirkouk, puis à la Syrie et au port méditerranéen de Banias.
L’Arabie saoudite, quant à elle, prévoit d’augmenter la capacité de son oléoduc Est-Ouest, qui peut transporter jusqu’à 7 millions de barils de pétrole par jour vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge.
Ces initiatives pourraient marginaliser le rôle du détroit d’Ormuz et limiter la capacité de l’Iran à l’utiliser comme outil de pression.
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