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Un papyrus carbonisé d’Herculanum vieux de 2 000 ans entièrement décrypté grâce à l’IA

Trust My Science · mis à jour 30 juin

Des chercheurs sont parvenus à décrypter entièrement les 20 colonnes de texte dissimulées sur plus d’un mètre de longueur de papyrus carbonisé d’Herculanum sans avoir à le dérouler physiquement, en utilisant l’IA. Entièrement carbonisé à la suite de l’éruption du Vésuve il y a environ 2 000 ans, le rouleau a été déroulé et lu […] Cet article Un papyrus carbonisé d’Herculanum vieux de 2 000 ans entièrement décrypté grâce à l’IA est apparu en premier sur Trust My Science..

Découverte d’un papyrus

En 2026, des chercheurs ont réussi à décrypter entièrement un papyrus carbonisé vieux de 2 000 ans, découvert à Herculanum, une ancienne ville romaine près de Naples en Italie. Ce document, réduit en cendres lors de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C., avait résisté aux techniques traditionnelles d’analyse pendant des siècles. Grâce à l’intelligence artificielle (IA), les scientifiques ont pu reconstituer son contenu, offrant un aperçu inédit de la pensée antique. Herculanum, ensevelie sous une coulée pyroclastique lors de la même éruption que Pompéi, est un site archéologique majeur où des centaines de rouleaux de papyrus ont été retrouvés au XVIIIe siècle. Ces documents, souvent illisibles en raison de leur état de conservation, contiennent des textes philosophiques, littéraires ou scientifiques de l’époque gréco-romaine.

Méthode de décryptage

L’IA a joué un rôle central dans le décryptage de ce papyrus, en utilisant des algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser les traces d’encre et les reliefs du papier carbonisé. Contrairement aux méthodes classiques, qui nécessitent de dérouler délicatement les rouleaux (une opération risquée pour leur intégrité), cette approche non invasive permet de reconstituer le texte sans toucher physiquement le document. Les chercheurs ont combiné l’IA avec des techniques d’imagerie 3D et de traitement d’image pour distinguer les lettres et les mots enfouis dans la structure du papyrus. Cette avancée ouvre la voie à l’étude d’autres documents similaires, estimés à plus de 1 800 rouleaux encore non lus à Herculanum. L’équipe responsable de cette découverte inclut des experts en archéologie, en informatique et en linguistique, collaborant pour valider les résultats.

Contenu du texte

Le papyrus décrypté contient un texte philosophique attribué à Philodème de Gadara, un philosophe épicurien du Ier siècle avant J.-C. Ce courant de pensée, fondé par Épicure, prônait la recherche du bonheur par la modération, la raison et l’absence de crainte des dieux. Le texte aborde des thèmes comme la nature du plaisir, la mort ou encore la place de l’homme dans l’univers. Les chercheurs ont pu identifier des passages entiers, confirmant l’hypothèse selon laquelle ces rouleaux étaient des copies de bibliothèques privées ou de collections savantes de l’époque. Cette découverte renforce l’idée que les philosophes antiques, souvent perçus comme des théoriciens, étaient aussi des auteurs prolifiques dont les œuvres circulaient largement dans le monde romain.

Impact scientifique

Cette avancée marque un tournant dans l’archéologie et la philologie, car elle démontre que l’IA peut devenir un outil indispensable pour étudier des artefacts fragiles ou illisibles par les méthodes traditionnelles. Les chercheurs estiment que cette technologie pourrait être appliquée à d’autres papyrus d’Herculanum, dont seulement 5 à 10 % du contenu total a été lu à ce jour. Par ailleurs, cette découverte soulève des questions sur la préservation des documents historiques face aux catastrophes naturelles ou aux conflits, rappelant l’importance de développer des techniques de conservation innovantes. Enfin, elle offre une nouvelle perspective sur la transmission des savoirs dans l’Antiquité, montrant que les idées philosophiques circulaient bien au-delà des cercles restreints d’érudits.

Ce que ça pourrait changer

Herculanum, fondée au VIe siècle avant J.-C. par les Grecs, était une ville prospère de la Campanie, connue pour ses villas luxueuses et sa bibliothèque privée. L’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. a figé la ville sous une couche de cendres et de boue, préservant ainsi des milliers d’objets et de documents. Parmi eux, les papyrus carbonisés, découverts en 1752, ont longtemps résisté à toute tentative de lecture en raison de leur fragilité. Leur étude a été entravée par des méthodes destructrices, comme le déroulement manuel, qui endommageaient irrémédiablement les rouleaux. Aujourd’hui, grâce à l’IA, ces trésors culturels pourraient enfin livrer tous leurs secrets, offrant un éclairage nouveau sur la vie intellectuelle de l’Antiquité.

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