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Un démocrate californien appelle le Canada à mettre fin aux restrictions sur l’alcool

ICI Radio-Canada· 11 juillet 2026
 Un démocrate californien appelle le Canada à mettre fin aux restrictions sur l’alcool

Le Québec et l’Ontario ne céderont pas tant que les tarifs douaniers persistent.

Résumé

1

Lettre du sénateur Schiff

Le sénateur démocrate américain Adam Schiff, représentant la Californie, a envoyé une lettre à la première ministre québécoise Christine Fréchette en juin 2025 pour demander la levée des restrictions sur l'importation et la vente de vin américain au Québec.

Schiff justifie sa demande en soulignant que ces restrictions causent un préjudice économique important aux viticulteurs californiens, un État américain.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux le 11 juillet 2025, il a appelé le gouvernement canadien à reconnaître que la Californie n'est pas impliquée dans les tensions commerciales entre les deux pays et à rétablir l'accès des consommateurs québécois aux vins américains.

Schiff insiste également sur l'importance de renforcer les échanges économiques entre les deux pays.

La lettre s'inscrit dans un contexte de mobilisation bipartite américaine contre les interdictions provinciales canadiennes sur l'alcool.

2

Réaction des provinces

Les restrictions sur l'alcool américain au Canada ont été mises en place en réaction aux droits de douane imposés par l'administration de Donald Trump en 2018 et à ses menaces d'annexion du Canada.

Certaines provinces, comme la Saskatchewan et l'Alberta, ont déjà levé ces restrictions et remis les alcools américains en rayon.

Cependant, les principales provinces consommatrices, comme l'Ontario et le Québec, maintiennent ces interdictions.

Le Québec, par exemple, a retiré les vins et spiritueux américains des tablettes de la SAQ (Société des alcools du Québec), une entreprise d'État qui gère la vente d'alcool dans la province.

Selon les législateurs américains, cette absence limite le choix des consommateurs québécois et prive la province d'un marché estimé à 434 millions de dollars américains.

3

Tensions politiques américaines

La question des restrictions canadiennes sur l'alcool américain est devenue un sujet de tension entre les deux partis politiques aux États-Unis.

Un groupe bipartite de 14 législateurs californiens a adressé une lettre à Christine Fréchette début juin 2025 pour exhorter le Québec à reprendre l'achat d'alcool américain.

Parallèlement, la députée républicaine Claudia Tenney, de l'État de New York, a annoncé le 11 juillet 2025 qu'elle présenterait à la Chambre des représentants des États-Unis un projet de loi intitulé Combating Attacks on our National Alcoholic Drinks by Allies Act (CANADA Act).

Ce projet vise à déclencher une enquête commerciale en vertu de l'article 301 de la loi commerciale de 1974, qui permet aux États-Unis de riposter par des droits de douane ou d'autres restrictions en cas de pratiques commerciales déloyales.

4

Impact économique sur les États-Unis

L'industrie américaine de l'alcool, représentée par des groupes de pression comme le Conseil des alcools distillés des États-Unis, subit de plein fouet les conséquences des restrictions canadiennes.

Selon ces groupes, les interdictions de rétorsion imposées par le Canada ont entraîné une baisse de 63 % des exportations américaines de spiritueux vers ce marché en 2025.

Les vignobles, brasseries et distilleries américaines sont particulièrement affectés, avec une perte significative de clients canadiens.

Les acteurs du secteur appellent à un retour à des relations normales entre les deux pays pour éviter une détérioration durable de leurs activités économiques.

5

Réponse du Québec et de l'Ontario

Le gouvernement québécois, par la voix de son porte-parole, a clairement indiqué qu'il ne comptait pas céder aux pressions américaines.

La première ministre Christine Fréchette défend les intérêts économiques du Québec et maintient les restrictions tant que les États-Unis maintiendront leurs droits de douane.

De même, le premier ministre ontarien Doug Ford a justifié sa décision de maintenir l'interdiction sur les spiritueux en invoquant les droits de douane de Trump et sa rhétorique sur le 51e État.

Ford a déclaré que l'Ontario ne rétablirait l'accès à l'alcool américain qu'une fois l'ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique), un traité commercial entre les trois pays, renouvelé.

Les États-Unis ont annoncé le 4 juillet 2025 qu'ils ne renouvelleraient pas l'ACEUM, ce qui pourrait entraîner son expiration après une période de révision pouvant durer jusqu'à dix ans.

6

Conséquences pour la SAQ

La SAQ, qui gère la vente d'alcool au Québec, a subi des pertes financières en raison des restrictions sur les alcools américains.

Selon l'article, le retrait des produits américains a coûté 2,3 millions de dollars à la SAQ, et l'entreprise se prépare à détruire pour 300 000 dollars d'alcools américains retirés des ventes.

Ces chiffres illustrent l'impact concret des tensions commerciales sur les entreprises publiques canadiennes.

La SAQ, en tant que monopole d'État, joue un rôle clé dans la distribution d'alcool au Québec, et ses décisions reflètent les politiques commerciales de la province.

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