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Environnement

Dans cette ville texane, une guerre de l'eau fait rage entre industriels et habitants

Reporterre · mis à jour il y a 1 h

Face à la cinquième année de sécheresse à Corpus Christi, ses habitants militent contre les passe-droits accordés aux usines qui entourent la cité côtière et captent 60 % de l'eau potable. Corpus Christi (Texas, États-Unis), reportage À presque chaque conseil municipal de Corpus Christi, un petit groupe d'activistes s'amuse à jouer au « bingo des conneries » (« bullshit bingo »), las d'entendre les élus de cette cité côti&#.

Contexte local

La ville de Odessa, située dans l’État du Texas aux États-Unis, est au cœur d’un conflit autour de la gestion de l’eau. Cette région aride, soumise à des sécheresses récurrentes, dépend principalement des nappes phréatiques (réserves d’eau souterraines) pour son approvisionnement. Odessa compte environ 120 000 habitants et abrite des activités industrielles majeures, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la pétrochimie. La tension entre les besoins des habitants et ceux des industriels s’est intensifiée ces dernières années, en raison de la raréfaction des ressources en eau.

Acteurs en conflit

Deux camps s’affrontent dans cette crise. D’un côté, les habitants et associations locales, qui dénoncent une surexploitation des nappes phréatiques par les industriels, mettant en péril l’accès à l’eau potable pour les ménages. De l’autre, les entreprises industrielles, dont certaines sont parmi les plus grandes du pays, défendent leur droit d’utiliser cette eau pour leurs activités, arguant que leur présence est essentielle pour l’économie régionale. Parmi les acteurs clés, on trouve des groupes comme ExxonMobil ou Chevron, qui exploitent des sites pétrochimiques dans la région.

Risque de pénurie

Les nappes phréatiques d’Odessa, comme celles de nombreuses zones du Texas, sont menacées par une baisse de leur niveau. Selon les données locales, certaines nappes ont perdu jusqu’à 30 % de leur volume en une décennie, en partie à cause des prélèvements industriels. Les habitants craignent que cette situation ne mène à une pénurie d’eau potable d’ici quelques années, surtout en période de sécheresse. Les autorités locales ont déjà dû imposer des restrictions d’usage pour les particuliers, tandis que les industriels continuent de pomper des millions de mètres cubes par an.

Enjeux économiques

Pour les industriels, l’accès à l’eau est vital pour leurs activités. Par exemple, une raffinerie de pétrole peut consommer jusqu’à 10 millions de litres d’eau par jour pour ses processus de production. Ces entreprises génèrent des milliards de dollars de revenus et emploient des milliers de personnes dans la région. Les opposants au projet industriel soulignent que les bénéfices économiques ne justifient pas la destruction des ressources naturelles à long terme. Ils demandent une répartition plus équitable de l’eau, en priorisant les besoins domestiques.

Ce que ça pourrait changer

Face à la crise, des associations locales, comme **Save Odessa Water**, ont porté plainte contre les industriels pour **surexploitation des nappes**. Elles réclament une **régulation plus stricte** des prélèvements et le développement de solutions alternatives, comme le **recyclage des eaux usées** ou la construction de **réservoirs de stockage**. Certaines entreprises ont commencé à investir dans des technologies de **dessalement** (transformation d’eau salée en eau potable), mais ces solutions restent coûteuses et peu accessibles à grande échelle. Les autorités texanes n’ont pas encore tranché, mais la pression monte.

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