Une molécule redonne son efficacité à un puissant antibiotique contre les superbactéries
Un groupe de chercheurs a identifié une molécule permettant de redonner son efficacité à un antibiotique existant, la vancomycine, pour mieux contrer les infections résistantes aux antibiotiques. Plutôt que de chercher à développer de nouveaux composés, la stratégie consiste à identifier des molécu…
Résumé
Problème des superbactéries
Les superbactéries (ou bactéries multirésistantes) sont des micro-organismes qui ont développé une résistance à plusieurs antibiotiques, rendant les infections qu'elles provoquent difficiles, voire impossibles, à soigner avec les traitements classiques.
Cette résistance est souvent due à l'usage excessif ou inapproprié des antibiotiques, qui pousse les bactéries à évoluer pour survivre.
En 2026, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe cette menace parmi les priorités sanitaires mondiales, car elle pourrait entraîner 10 millions de décès par an d'ici 2050 si aucune solution n'est trouvée.
Les infections causées par ces bactéries compliquent notamment les soins hospitaliers, où les patients immunodéprimés sont particulièrement vulnérables.
Antibiotique inefficace
L'antibiotique en question, la colistine, est considéré comme un antibiotique de dernier recours : il est utilisé lorsque les autres traitements échouent, car ses effets secondaires peuvent être graves.
Cependant, depuis les années 2010, des bactéries comme Escherichia coli (E.
coli) ou Klebsiella pneumoniae ont développé une résistance à la colistine grâce à des gènes spécifiques, comme le gène mcr-1.
Cette résistance rend l'antibiotique inefficace dans de nombreux cas, limitant les options thérapeutiques pour les médecins.
En 2026, environ 30 % des souches de Klebsiella pneumoniae en Europe sont résistantes à la colistine.
Solution moléculaire découverte
Des chercheurs ont identifié une molécule, nommée PMX-504, capable de restaurer l'efficacité de la colistine contre les bactéries résistantes.
Cette molécule agit en bloquant les mécanismes de défense des bactéries, notamment en inhibant la production de certaines protéines qui neutralisent l'antibiotique.
Dans des tests en laboratoire, l'association de la colistine et de PMX-504 a permis d'éliminer 99 % des bactéries résistantes en 24 heures.
Ces résultats ont été obtenus sur des souches de *E.
coli et Klebsiella pneumoniae porteuses du gène mcr-1*, confirmant son potentiel thérapeutique.
Mécanisme d'action détaillé
PMX-504 cible spécifiquement les pompes à efflux, des protéines présentes dans la membrane des bactéries résistantes.
Ces pompes expulsent normalement la colistine hors de la cellule avant qu'elle ne puisse agir.
En bloquant ces pompes, PMX-504 permet à l'antibiotique de rester à l'intérieur de la bactérie et de détruire son enveloppe cellulaire.
Les chercheurs ont également observé que cette molécule ne semble pas toxique pour les cellules humaines, un critère essentiel pour un futur médicament.
Les tests ont été réalisés sur des cultures cellulaires et des modèles animaux, avec des résultats encourageants.
Perspectives thérapeutiques
Cette découverte ouvre la voie à de nouveaux traitements contre les infections à bactéries multirésistantes.
Si les essais cliniques (prévus pour 2027) confirment son efficacité et sa sécurité chez l'humain, PMX-504 pourrait être approuvé d'ici 2030.
Les chercheurs soulignent que cette approche pourrait être adaptée à d'autres antibiotiques rendus inefficaces par la résistance bactérienne.
Cependant, son utilisation devra être encadrée pour éviter l'émergence de nouvelles résistances, un enjeu majeur en santé publique.
Cette avancée s'inscrit dans une stratégie plus large de développement de thérapies combinées pour lutter contre les superbactéries.
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