La Canadienne d’origine chinoise accusée d’espionnage à l’OTAN identifiée

Biwei Zhang aurait auparavant travaillé pour l'Agence spatiale canadienne et Statistique Canada.
Résumé
Arrestation en Belgique
Une femme d’origine chinoise résidant au Canada, Biwei Zhang (utilisant aussi les noms Claire Zhang et Catina Zhang sur les réseaux sociaux), a été arrêtée en Belgique le 10 juillet 2025 pour suspicion d’espionnage et participation à une organisation criminelle.
Les autorités judiciaires belges n’ont pas confirmé son identité publiquement, conformément à la présomption d’innocence, mais l’enquête de CBC News a permis de l’identifier via des sources ouvertes.
Elle travaillait comme stagiaire au SHAPE (Grand Quartier général des puissances alliées en Europe), le quartier général militaire de l’OTAN situé à Mons, en Belgique, à environ 70 km de Bruxelles.
Son domicile et son lieu de travail ont été perquisitionnés la semaine précédant son arrestation.
Elle est maintenue en détention provisoire pour au moins un mois supplémentaire, le temps que l’enquête se poursuive, et a fait appel de cette décision.
Profil professionnel suspect
Biwei Zhang, âgée de 32 ou 33 ans (née en 1993 selon son profil Facebook), est ingénieure système et titulaire d’une maîtrise en économie obtenue à l’Université d’Ottawa en 2022.
Son CV en ligne révèle qu’elle a travaillé pour des institutions canadiennes et internationales : scientifique des données au Conseil national de recherches du Canada en 2017, économiste à Statistique Canada d’avril 2018 à octobre 2022, et ingénieure système à l’Agence spatiale canadienne (ASC) à partir de mai 2022.
Elle a également effectué des stages à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2023 et à l’Agence spatiale européenne.
Son rôle au SHAPE concernait le département informatique, un domaine où ses compétences correspondent à sa formation.
En 2024, elle avait contesté devant un tribunal une accusation de fraude liée à une candidature à l’Agence des services frontaliers du Canada, mais sa plainte avait été rejetée en août 2024.
Contexte de l'OTAN
Le SHAPE, où Biwei Zhang était stagiaire, est le quartier général militaire de l’OTAN en Europe, employant plusieurs milliers de personnes.
Les stages y sont considérés comme une porte d’entrée vulnérable pour l’espionnage, selon Dan Stanton, ancien agent du SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité).
Stanton explique que les secrets d’espionnage ne résultent pas toujours du vol de données, mais souvent de conversations ou d’informations obtenues par des échanges informels.
L’OTAN, organisation internationale de défense collective, regroupe 32 pays membres et joue un rôle clé dans la sécurité collective.
Les procédures de vérification de sécurité pour les stagiaires ou employés y sont donc strictes, mais des failles peuvent exister.
Enjeux pour le Canada
L’affaire soulève des questions sur l’efficacité des processus de vérification de sécurité au Canada.
Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a annoncé une enquête pour déterminer si Biwei Zhang a correctement déclaré ses antécédents lors de ses postes au sein d’agences canadiennes, comme l’Agence spatiale canadienne ou Statistique Canada.
Ces agences, comme l’ASC, appliquent des procédures de sélection standard pour les postes non classifiés, mais s’appuient sur les autorités nationales pour les vérifications de sécurité lorsque des informations sensibles sont en jeu.
Affaires mondiales Canada, qui supervise les habilitations de sécurité pour les Canadiens travaillant dans des organisations internationales comme l’OTAN, a refusé de commenter ce cas précis en cours d’enquête.
Le SCRS est l’organisme responsable de ces évaluations au Canada.
Précédents et réactions
Cette affaire s’inscrit dans une série d’incidents impliquant des immigrants d’origine chinoise au Canada.
Au moins quatre autres cas ont été signalés ces dernières années, dont celui de Hongwei Wang, Wanping Zheng et Yueshang Wang, accusés d’espionnage.
En 2019, un couple de microbiologistes d’origine chinoise, licencié du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, fait toujours l’objet d’une enquête.
Dan Stanton, ancien espion du SCRS, considère que cette arrestation est une preuve que les processus de contre-espionnage fonctionnent.
L’Agence spatiale européenne a indiqué appliquer des procédures standard pour les postes non classifiés, tandis que l’ASC n’a pas répondu aux demandes de commentaires.
L’enquête belge se poursuit, et les autorités n’ont pas révélé d’autres détails sur l’affaire.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Découvre plus de contenu sur Napseflow


