L’Iran dit avoir trouvé un accord avec Oman sur le détroit d’Ormuz
Téhéran a indiqué mercredi s’être mis d’accord avec Mascate sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le passage maritime, dont ils sont tous deux riverains. Pour la presse américaine, le projet reviendrait de fait à consacrer le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit.
Résumé
Accord Iran-Oman
L’Iran et le sultanat d’Oman ont annoncé le 5 août 2026 avoir trouvé un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique située entre le golfe Persique et le golfe d’Oman.
Ce détroit est le passage obligatoire pour environ 20 à 30 % du trafic mondial de pétrole.
Selon Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, les deux pays ont validé les coordonnées géographiques d’un nouvel itinéraire de transit pour les navires.
Cet accord, encore en cours de finalisation, doit faire l’objet d’une déclaration conjointe, sous réserve que des parties tierces (c’est-à-dire des pays extérieurs à l’accord) n’interfèrent pas dans le processus.
L’Iran insiste sur le fait que cet accord ne garantit pas une sécurité totale, car les tensions avec les États-Unis, notamment en raison d’un blocus naval imposé par Washington, persistent.
Rôle des deux pays
Dans le cadre de cet accord, l’Iran et Oman se répartissent les responsabilités pour superviser le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Selon des sources citées par le Wall Street Journal, les navires entrant dans le golfe Persique emprunteraient une route située près des côtes iraniennes, sous la coordination de Téhéran.
À l’inverse, les navires quittant le détroit suivraient une route plus proche des côtes omanaises, sous la supervision de Mascate.
Cependant, des sources diplomatiques rapportées par le Jerusalem Post précisent que les navires devront également se coordonner avec l’Iran, même lorsqu’ils quitteront le détroit par le côté omanais.
Cet arrangement conférerait, selon certains analystes, un rôle de supervision accru à l’Iran sur le trafic maritime, sans pour autant lui donner le droit de prélever des péages ou des frais de service.
Réactions internationales
L’accord proposé a été transmis aux États-Unis, aux pays de la région ainsi qu’aux dirigeants iraniens pour validation.
Un haut responsable d’un pays du Golfe a estimé à une chance sur deux la possibilité que l’Iran et Oman parviennent à un accord d’ici le 7 août 2026.
Cependant, cette initiative suscite des interrogations, notamment aux États-Unis.
Ellen Wald, chercheuse à l’Atlantic Council (un think tank américain), a souligné que cet accord pourrait tacitement donner à l’Iran le contrôle du trafic maritime dans le détroit.
Les producteurs de pétrole du Golfe, en choisissant cette route, pourraient ainsi céder une partie de leur autonomie aux autorités iraniennes.
Les responsables américains ont toujours affirmé qu’ils n’accepteraient jamais un arrangement permettant à l’Iran de contrôler cette voie stratégique, bien que des discussions sur un cessez-le-feu au Moyen-Orient soient en cours.
Contexte géopolitique
Le détroit d’Ormuz est au cœur de tensions géopolitiques depuis des décennies.
Il est le passage obligé pour l’exportation du pétrole en provenance d’Iran, d’Irak, du Koweït, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
En 2026, les relations entre l’Iran et les États-Unis restent tendues, notamment en raison d’un blocus naval imposé par Washington en représailles au blocage du détroit par Téhéran.
Donald Trump, président des États-Unis, a récemment évoqué la possibilité d’un accord mettant fin à la guerre au Moyen-Orient, bien que les sondages indiquent une opposition majoritaire des électeurs américains à ce conflit.
Cet accord entre l’Iran et Oman intervient dans un contexte où la stabilité de la région et la sécurité des voies maritimes sont des enjeux majeurs pour l’économie mondiale.
Enjeux économiques
Le détroit d’Ormuz est la route maritime la plus importante au monde pour le transport de pétrole.
Environ 20 à 30 % du pétrole mondial transite par ce détroit chaque jour, soit l’équivalent de 17 à 25 millions de barils.
Une fermeture prolongée de cette voie aurait des conséquences économiques majeures, notamment pour les pays exportateurs de pétrole du Golfe et les pays importateurs comme la Chine, l’Inde ou l’Europe.
Les compagnies pétrolières et les États dépendent de la stabilité de cette route pour éviter des perturbations dans l’approvisionnement énergétique.
Un accord entre l’Iran et Oman pourrait donc contribuer à apaiser les tensions et à rétablir un flux normal du trafic maritime, mais il soulève également des questions sur le contrôle de cette voie stratégique.
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